Luc Orient – 01 – Le cycle de Terango

Années : 1967-1969

Auteurs : Greg (scénario), Eddy Paape (dessins).

Catégorie : Franco-Belge – Science-fiction.

Genre : Luc! A-ah, savior of the universe!

Format : Tomes 1 à 5 de la série.

Titres des albums : Les Dragons de feu, Les Soleils de glace, Le Maître de Terango, La Planète de l’angoisse, La Forêt d’acier.

Tout le monde connaît ou a au moins entendu parler de Flash Gordon, que ce soit par la bande-dessinée créée par Alex Raymond en 1934 (rebaptisée « Guy l’éclair » lors de sa publication dans le Journal de Mickey), son adaptation savoureusement kitsch produite par Dino deLaurentis en 1980 et son incontournable intro de Queen (Flash! A-ah, savior of the universe!) ou, pour les plus malchanceux, la navrante série télévisée de 2007. Mais connaissez-vous son homologue français LUC ORIENT? Débutée dans le journal Tintin du 17 janvier 1967 sous la plume de Greg et les pinceaux d’Eddy Paape, cette série met en scène un trio très semblable à celui de Flash Gordon: un héros intrépide blond et athlétique (Luc Orient à la place de Flash Gordon), une jeune et jolie partenaire féminine (Lora Jordan au lieu de Dale Arden) et un éminent scientifique (Hugo Kala remplace Hans Zarkov). Et de même que les premières aventures de Flash Gordon le voyaient affronter le tyran extraterrestre Ming sur la lointaine planète Mongo, le premier story-arc de LUC ORIENT suit un pitch similaire. Prêts à l’accompagner sur Terango?

Luc Orient, Lora Jordan et Hugo Kala sont des scientifiques du laboratoire Eurocristal-1 dont Kala est le directeur mais le scénario reste flou sur leurs spécialisations. En tant que savant de service, Kala est évidemment expert dans n’importe quelle discipline: biologie, physique, électronique, géologie, astrophysique, médecine, chimie, etc… Et comme il s’occupe déjà de tout, ses deux collègues se retrouvent sans aucune compétence à démontrer au lecteur. Lora est ainsi réduite au rang de simple assistante parfois créditée comme infirmière et Luc, même s’il est parfois décrit comme un physicien, ne fera jamais preuve de réelles connaissances en la matière. Il est même plus physique que physicien, d’ailleurs.

Un jour, Kala apprend le décès de son ami Damiani, alors que ce dernier revenait de fouilles dans la vallée de Sher-Dahng en Inde. Sa mort est due aux radiations d’un minerai radioactif d’origine extraterrestre découvert lors de ses travaux et que Kala appelle selon les scènes « pierre qui tue » ou « pierre interdite ». Je suppose que c’est parce que « kryptonite » était déjà pris.

Et là, j’ai envie de dire: s’il résiste à tout, comment a-t-on pu en détacher le morceau ramené par Damiani? Mais passons. Selon une ancienne légende orientale, ces pierres auraient été apportées sur Terre par des « Dragons de feu ». La plupart des gens interprètent cette légende comme une pluie de météorites mais Kala a une autre théorie:

Afin d’en avoir le cœur net, Kala et ses deux assistants se rendent donc à Sher-Dahng où ils sont rejoints par Toba, le guide hindou de feu Damiani qui les escortera durant l’expédition pour les suivre ensuite en Europe et devenir leur domestique. Il souffre à ses débuts d’une diction à géométrie variable, alternant sans raison des phrases dans un parfait français et d’autres à la limite du petit-nègre. Ce défaut d’élocution disparaitra dès le deuxième album, les auteurs s’étant probablement vite rendus compte du côté quelque peu raciste de la chose.

Mais nos quatre aventuriers ne sont pas les seuls sur les traces des mystérieux « Dragons de feu »: un certain Julius Argos est également à leur recherche. Génie scientifique chauve et bossu dont les compétences rivalisent avec celles de Kala dont il fut le disciple mais totalement dépourvu de scrupules, Argos est l’exemple parfait de la science sans conscience ainsi qu’un sosie saisissant du Vautour de Spider-Man.

Il est secondé par deux assistants. Le premier est Toro, une brute épaisse forte comme un bœuf (désolé…) qui réussit l’exploit de ne prononcer qu’une seule réplique durant les deux albums où il apparait. Et encore, je ne suis pas certain qu’on puisse considérer CECI comme une réplique:

Le second, plus loquace et maniéré, est le britannique Rowney qui héritera à l’issue de l’expédition du sobriquet peu flatteur de « blanc qui glapit devant le danger. »

Mais revenons à nos quatre héros qui, dès leur arrivée à Sher-Dahng, sont plus ou moins pris en otages par les Thargs, une tribu vivant cachée du reste du monde et détenant le secret d’une drogue immunisant contre les radiations du métal intégral. Dommage que cette tribu n’ait pas été joignable pour Tchernobyl ou Fukushima, leur potion magique nous aurait été bien utile.

Quant à savoir comment un simple breuvage peut immuniser contre des radiations…

A noter que cette drogue a pour effet secondaire de plonger ses consommateurs dans un sommeil de plusieurs jours. Sachant que l’immunité aux radiations n’est que temporaire et que les Thargs doivent régulièrement renouveler le traitement, j’espère que cet effet secondaire est uniquement valable pour la première prise, sinon les membres de cette tribu doivent consacrer la moitié de leur existence à dormir. Vous imaginez ce que ça donnerait s’ils devaient faire face à une attaque à ce moment-là?

Quoi qu’il en soit, les Thargs profitent du sommeil de nos héros pour leur enseigner leur langage par hypnose (c’est pratique pour le scénario), leur permettant de communiquer avec eux à leur réveil et de leur proposer un marché: ils les guideront jusqu’aux « pierres interdites » à condition que « le jeune guerrier blond » (trad: Luc) utilise « la mort qui tonne » (trad: son fusil) pour tuer « le dragon de feu » (trad: un fauve inconnu qui sème la terreur dans la région et qui est responsable de la mort d’un des membres de l’expédition de Damiani).

Etant donné qu’en cas de refus ou d’échec, les Thargs l’exécuteront ainsi que ses compagnons, Luc accepte ce marché et abat, non sans mal, le Dragon de feu, découvrant au passage que les Thargs sont nuls en zoologie puisque le « dragon » en question n’est pas un reptile, mais un félin. Et quel félin!

Oui, c’est un ligre géant s’apprêtant à dévorer un croisement improbable de licorne et d’antilope. Il faudra d’ailleurs vous habituer à ce genre de bizarrerie car plus nos héros se rapprocheront du but de leur voyage et plus la faune et la flore deviendront étranges et dangereuses.

Escortés par leurs guides Thargs Asho et Daka, Luc et ses compagnons parviennent, après moult péripéties, au but de leur voyage et constatent que Kala avait raison: les « Dragons de feu » de la légende sont bel et bien trois vaisseaux venus d’une autre planète. De Terango pour être précis.

Venus sur Terre dans un but scientifique, les téranguiens devaient prélever des échantillons de sa faune et capturèrent, entre autres, de nombreux Thargs qui n’étaient à l’époque que de primitifs hommes des cavernes. En représailles, ceux-ci lancèrent une attaque dont seuls deux téranguiens réchappèrent.

Partis à la recherche des autres vaisseaux de leur expédition, les deux survivants découvrirent que le système qui devait ranimer leurs occupants avait subi une avarie et que leurs compatriotes étaient restés plongés dans un sommeil artificiel. Ayant survécu jusqu’à aujourd’hui grâce à l’extrême longévité de leur race, Lec-Hôj et Sazh-O comptent sur les compétences scientifiques de Kala pour ramener leurs compagnons à la vie.

Les efforts de Kala, Luc et Lora pour ranimer les téranguiens manquent de leur être fatals, car ils ignoraient que des vêtements spéciaux étaient indispensables pour se protéger des radiations libérés lors de l’opération. Heureusement, sitôt sorti de sa léthargie, l’équipage de Galax-Ahj comprend la situation et s’empresse de les soigner.

Mais Julius Argos en a profité pour dérober les notes de Kala et se rendre au vaisseau de Lec-Hôj et Sazh-O avec l’intention de ranimer les hommes préhistoriques qu’ils avaient autrefois capturés et qui sont eux-aussi plongés dans un sommeil artificiel. N’ayant aucune envie de savoir ce que le sinistre savant compte faire avec de tels alliés, Orient se précipite au vaisseau pour l’en empêcher et arrive juste à temps pour voir les hommes préhistoriques réanimés s’enfuir dans la jungle en emportant Argos inconscient tandis que, dans la confusion, Sazh-O et un des primitifs trouvent la mort.

A partir de là, le scénariste réalise qu’il ne lui reste plus que deux pages pour terminer son histoire et qu’il n’aura donc pas le temps de caser la réanimation de l’équipage du troisième « Dragon de feu ». Il s’empresse donc de régler la question en expliquant qu’il ne contenait en fait que des « échantillons » d’animaux préhistoriques qu’il serait vain de ranimer. Et tant pis si ça contredit les dialogues précédents qui suggéraient clairement l’existence d’un troisième équipage. Le deuxième tome des aventures de Luc Orient se conclue donc sur le départ des téranguiens pour leur monde natal, tandis que Luc et ses amis retournent vers la civilisation en se promettant de garder le secret sur cette rencontre du troisième type. Même Toro et Rowney décident de rentrer dans le droit chemin après avoir pu constater qu’Argos était prêt à les abandonner à une mort certaine dès qu’il n’aurait plus eu besoin d’eux.

Nos héros ne restent cependant pas longtemps sans nouvelles de leurs amis de l’espace. Quelques jours seulement après leur retour au pays, Luc et ses compagnons reçoivent la visite de Lec-Hoj et Galax-Ahj porteurs de fort mauvaises nouvelles.

En effet, à leur retour sur Terango, les naufragés ont découvert qu’il y avait longtemps que plus personne ne se souvenait d’eux et de leur mission (plusieurs milliers d’années après leur départ, ce n’est guère étonnant) mais surtout que leur peuple, autrefois pacifiste, est désormais dirigé par un tyran nommé Ming l’Impitoyable Sectan et sa sinistre Garde Noire. Plus grave encore: l’ambition démesurée de Sectan le pousse à vouloir étendre sa domination sur d’autres planètes, à commencer par Ydagh-Sor que nous connaissons mieux sous le nom de… la Terre!

Galax-Ahj est donc revenu sur Terre pour demander à Luc et ses compagnons de le suivre sur Terango et de rejoindre la rebellion menée par Thar-Ojec afin de faire échec aux projets de Sectan. En effet, malgré la puissance militaire dont il dispose, Sectan est ignorant des armes terriennes et son propre arsenal, conçu en fonction de la physiologie téranguienne, est peu ou pas efficace contre les terriens. L’effet de surprise aidant, Galax-Ahj et Thar-Ojec espèrent qu’ainsi, leurs alliés extratéranguiens leur fourniront un avantage contre le tyran.

Ils ne pousseront heureusement pas l’analogie jusqu’à combattre nus (notez que dans le cas de Lora, on ne s’en serait pas plaint). Après une première mission réussie consistant à anéantir la flotte que Sectan comptait lancer sur la Terre, Thar-Ojec charge Luc Orient et Galax-Ahj d’entrer en contact avec les Dragons, des guerriers tribaux mi-hommes, mi-lézards vivant dans les marais de Xhorramango, afin de les convaincre de rejoindre la lutte contre le tyran. A peine ont-ils débuté leur expédition que Luc et Galax-Ahj découvrent que Lora Jordan et la téranguienne Granya les ont suivis et qu’elles ont même saboté leur propre véhicule pour les obliger à les laisser les accompagner.

Quant à la population locale, le premier contact ne se présente pas sous les meilleurs auspices: alors qu’il était parti chercher de l’eau, Luc est attaqué par deux Dragons qui déguerpissent à l’arrivée d’un lézard géant heureusement abattu par Galax-Ajh.

La fuite des deux guerriers déplaît fortement à leur chef, le prince Korran, qui est sur le point de les exécuter pour leur lâcheté quand Luc prend leur défense, défiant Korran en combat singulier et lui infligeant une cuisante défaite devant ses hommes. Par reconnaissance, ses deux ex-agresseurs deviennent de précieux alliés que Luc surnomme « Bibi » et « Toto », leur manque de vocabulaire ne lui permettant pas de connaître leurs vrais noms. Ils sont d’ailleurs les seuls Dragons à ne pas parler normalement et on apprendra par la suite que c’est à cause de drogues que leurs maîtres les forcent à consommer pour les maintenir dans la servitude.

Leur gratitude envers Luc s’étend d’ailleurs à ses compagnons puisqu’un peu plus tard, ils sauvent Lora d’une mort certaine et celle-ci s’empresse de leur exprimer sa gratitude. Curieusement, le coloriste se trompe sur la couleur de leurs crêtes qui deviennent roses le temps de deux cases, donnant l’impression que Lora embrasse les mauvaises personnes. A moins que ça ne soit voulu et que leurs crêtes rosissent sous l’effet de l’émotion? Quoi qu’il en soit, Bibi et Toto n’ont pas trop à se plaindre: ils sont bien mieux lotis que Sectan dont les cheveux roux deviennent bleu pâle pendant tout un album. A force que les rebelles lui en fasse voir de toutes les couleurs, ça devait arriver.

De son coté, ne digérant pas l’humiliation qu’on lui a infligée, Korran prétend offrir l’hospitalité à Luc et ses compagnons, mais c’est pour les livrer ensuite à son père, le cruel roi Borkh, qui les fait jeter en prison où ils rejoignent le Peuple des Cîmes, des hommes ailés armés d’éperons naturels aux talons et aux coudes.

Mais cette fourberie de Korran causera sa perte: les prisonniers s’évadent et une partie de ses propres hommes, écœurés par sa traîtrise, se rangent à leurs côtés. Devant une révolte désormais hors de contrôle, Borkh et Korran sont obligés de fuir et connaissent tous deux un sort funeste, Borkh faisant une chute mortelle tandis que Korran périt dans un piège qu’il réservait à Luc.

Désormais débarrassés de la tyrannie de Borkh et Korran, les Dragons et le Peuple des Cîmes ont cependant eu à travers eux un aperçu de la menace représentée par Sectan et offrent leur assistance aux téranguiens pour renverser le dictateur. Dictateur qui n’a pas été inactif pendant ce temps, puisqu’il s’est trouvé un allié terrien en la personne de notre vieille connaissance Julius Argos.

Certains s’étonneront qu’il ait survécu aux radiations libérées lors du réveil des hommes préhistoriques là où Orient et ses amis n’en ont réchappé que grâce à des soins immédiats. Mais n’oublions pas qu’Argos était au courant de leur mésaventure et a très bien pu prendre quelques précautions en conséquence. D’ailleurs, il a amené les primitifs avec lui et les soumet à un lavage de cerveau destiné à faire d’eux…

Témoin de son arrivée, Granya tente de rejoindre les rebelles pour les prévenir mais elle est attaquée par les globes de destruction, des sphères volantes qui avalent leurs proies pour les digérer vivantes.

Elle est sauvée in extremis par Luc Orient qui la ramène plus morte que vive à la base rebelle, sans se douter que les radars de Sectan l’ont suivi et que leur ennemi connaît désormais l’emplacement de la base contre laquelle il lance la terrible création d’Argos: une armée de gigantesques tripodes baptisée « Forêt d’Acier ».

Mais la plus grande menace ne vient pas de la Forêt d’Acier elle-même mais de ses pilotes, les hommes préhistoriques conditionnés par Argos et revêtus de combinaisons radioactives qui font d’eux autant de bombes atomiques vivantes que le savant diabolique compte faire exploser au moment opportun.

Malheureusement pour Argos, Kala réussit à faire fléchir son conditionnement et à rallier les pilotes à la cause rebelle. En outre, à cause de la différence d’atmosphère de Terango, la radioactivité de leurs combinaisons est beaucoup trop amoindrie pour permettre l’explosion espérée. Inutile de préciser qu’après une aussi piteuse démonstration, Argos peut s’estimer heureux que Sectan se contente de l’abandonner dans le désert au lieu de l’abattre sur place.

Mais Sectan n’est pas au bout de ses déconvenues. En effet, profitant du fait qu’il s’était absenté de la capitale pour mieux superviser l’attaque de la base rebelle, les habitants de Terangopolis se sont soulevés, vite rejoints par les Dragons et le Peuple des Cîmes, tandis que les rebelles eux-mêmes se lancent à l’assaut aux commandes de la Forêt d’Acier dont ils ont pris le contrôle. Son armée totalement débordée par un tel soulèvement, Sectan est poignardé par Toba alors qu’il s’apprêtait à abattre Orient. Le tyran mort, la paix peut revenir sur Terango et Luc et ses compagnons sont désormais libres de retourner sur Terre où d’autres aventures les attendent. Mais ceci est une autre histoire…

Sorti à une époque où la SF était quasiment absente du paysage franco-belge (Valérian débuta la même année et Yoko Tsuno n’arrivera dans Spirou que deux ans plus tard), ce premier cycle des aventures de LUC ORIENT est une franche réussite, débutant comme un récit d’aventure et d’exploration teinté de fantastique pour bifurquer ensuite vers le space-opéra. Un peu comme si on commençait à regarder un Indiana Jones pour se retrouver ensuite en plein Star Wars. Les dialogues de Greg sont, comme toujours, savoureux avec une mention spéciale pour la grandiloquence d’Argos, Sectan ou Korran, autant de bad guys excessifs dans leur mégalomanie sans jamais tomber dans le piège du ridicule. Avec son érudition coutumière, Greg sait rendre sa science-fiction plausible, aidé en cela par les dessins d’Eddy Paape dont le style réaliste contribue à la crédibilité de l’univers dépeint: machines, humanoïdes, plantes et animaux d’un autre monde y sont tous plus vrais que nature. Flash Gordon n’a donc pas à rougir de cet homologue français dont les aventures téranguiennes sont hélas quelque peu oubliées des lecteurs d’aujourd’hui.

 

Verdict?

 

Images extraites de : Luc Orient, Astérix en Hispanie, Bit Bullet.

2 commentaires

  • Whaou Luc Orient ça faisait longtemps! Merci pour l’article, ça me donne envie de les relire!

  • j’ai toujours été accro de Luc Orient (et de Lora bien sûr!). je suivais les aventures chaque semaine dans le journal Tintin! Je suis resté fan et rencontré en 2006 Eddy Paape qui m’a dessiné un magnifique grand Sectan et à qui j’ai acheté une planche originale du Maître de Terango. La série complète a été rééditée récemment en albums. A relire avec passion!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *