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Chainsaw Man : critique du manga terminé de Tatsuki Fujimoto

Tatsuki Fujimoto — Crunchyroll Manga (2018)

Critique par — 10 août 2026

Chainsaw Man est terminé. Le chapitre 232, intitulé « Merci Chainsaw Man », est paru le 25 mars 2026 au Japon — le 24 à 16 h en France sur MANGA Plus — et referme la partie 2. Aucune partie 3 n’a été annoncée : Shonen Jump+ invite désormais ses lecteurs à attendre la prochaine œuvre de Tatsuki Fujimoto.

Sauf qu’en France, ce n’est pas fini. L’édition Crunchyroll en est au tome 22, sorti le 10 juin. Il reste deux volumes, dont le tome 23 le 14 octobre. Autrement dit : le manga est clos au Japon, et les lecteurs français ont encore quelques mois de sursis avant de savoir comment ça se termine.

C’est le bon moment pour faire le bilan d’une série qui a fait beaucoup de bruit, puis beaucoup divisé. Ma note : 4/5, et le point manquant n’est pas là où on l’attend.

En bref.

  • Note : 4/5
  • Format : 24 tomes au Japon, série terminée — 22 parus en France
  • Découpage : partie 1 en 11 tomes, partie 2 pour le reste
  • Éditeur VF : Crunchyroll Manga, 7,29 € le volume
  • Le sommet : la partie 1, une mécanique de tension que peu de shonen atteignent
  • Le creux : une partie 2 qui change de rythme et de protagoniste, et perd du monde en route

De quoi parle Chainsaw Man ? Le synopsis sans spoiler

Publié par Shueisha, Chainsaw Man a paru en deux temps : la partie 1 dans le Weekly Shōnen Jump, la partie 2 sur l’application Shōnen Jump+. En France, la série est éditée par Crunchyroll Manga, qui a repris le catalogue de Kazé. Une adaptation animée existe par ailleurs chez MAPPA — nous lui consacrons un dossier séparé.

Denji est un adolescent qui rembourse la dette de son père en découpant des démons pour la mafia. Il vit dans une cabane, mange du pain rassis, et son seul compagnon est Pochita, un petit démon-tronçonneuse. Ses ambitions tiennent en trois points : manger correctement, dormir au chaud, et toucher une poitrine.

Trahi et tué à la fin du premier chapitre, il fusionne avec Pochita et devient Chainsaw Man : un corps humain d’où sortent trois tronçonneuses. Il est ensuite recruté par la Sécurité publique, service d’État chargé de l’élimination des démons, sous les ordres de Makima.

Le dispositif est un shonen de chasse aux monstres tout ce qu’il y a de classique. Ce qui ne l’est pas, c’est le personnage principal. Denji ne veut pas devenir le plus fort, ne veut sauver personne, et n’a aucune ligne morale à défendre. Il veut du pain avec de la confiture. Fujimoto construit toute sa série sur cet écart entre l’ampleur du décor et la petitesse des désirs — et c’est ce qui la rend immédiatement reconnaissable.

La partie 1 (tomes 1 à 11) : onze tomes en apnée

C’est là que la série gagne sa réputation, et elle la mérite.

Fujimoto y applique une règle simple et impitoyable : rien ne dure. Un personnage attachant est présenté, développé sur trois chapitres, puis tué au milieu d’une case sans musique ni discours. Un affrontement qu’on croit central se règle en huit pages. Une intrigue qu’on pensait installée pour un an se referme brutalement.

L’effet est mécanique et redoutablement efficace : au bout de quatre tomes, on ne lit plus en se demandant comment le héros va gagner, mais en se demandant qui sera encore là au chapitre suivant. Peu de shonen d’action l’obtiennent, parce que peu acceptent d’y sacrifier autant de personnages installés — Aki, Himeno et Power ne sont pas des figurants.

Le dessin sert exactement ce projet. Fujimoto n’est pas un virtuose du trait — ses planches sont souvent sales, ses anatomies approximatives — mais il a un sens du cadrage cinématographique que peu de ses contemporains possèdent. Ses scènes d’action se lisent comme du découpage de film : plans larges tenus, ruptures d’échelle, temps morts placés là où d’autres mettraient un cri.

Et il y a l’humour, qui est la partie la plus sous-estimée du livre. Chainsaw Man est très drôle, d’un comique de gêne et d’absurde, souvent placé une case avant l’horreur. C’est ce contraste qui rend la violence supportable — et, paradoxalement, plus dure.

La partie 2 (tomes 12 à 24) : pourquoi elle divise

Niveau de spoilers

Cette section évoque le changement de dispositif au début de la partie 2, qui est public depuis 2022 et figure sur les quatrièmes de couverture. Rien n’est révélé de son intrigue ni de son dénouement.

La partie 2 démarre en 2022 sur Shonen Jump+ et change à peu près tout. Le cadre devient scolaire, le rythme ralentit, et le point de vue se déplace vers un nouveau personnage, Asa Mitaka, adolescente introvertie qui n’a rien de la brutalité joyeuse de Denji.

Ce virage a durablement divisé le discours autour de la série, sans entamer son statut commercial : Chainsaw Man dépassait les 30 millions d’exemplaires en circulation en mars 2026. Ceux qui étaient venus pour la mécanique de la partie 1 — la tension permanente, les morts sèches, l’accélération — se retrouvent devant une comédie adolescente qui prend son temps. L’impression de trahison est réelle, et elle est en partie fondée : ce n’est pas la même série.

Mais c’est aussi une décision d’auteur, pas un accident. Fujimoto a toujours écrit contre l’attente qu’il venait lui-même de créer, et la partie 2 est cohérente avec ce qu’il fait depuis ses débuts. Elle installe patiemment un dispositif que la partie 1 aurait été incapable de porter, et elle contient quelques-unes des meilleures séquences de l’ensemble — simplement, elles arrivent après des dizaines de chapitres de mise en place.

Mon reproche n’est donc pas le changement de ton. C’est la gestion du rythme : la partie 2 met trop de tomes à démarrer, et une série bâtie sur le refus du temps mort ne peut pas se permettre d’en accumuler autant sans perdre ce qui la définissait.

Chainsaw Man est-il terminé ? La fin et la question d’une partie 3

Le chapitre 232 est paru le 25 mars 2026 au Japon, le 24 mars en France. Son titre, « Merci Chainsaw Man », a été lu par beaucoup comme un adieu à la série entière plutôt qu’à sa seule seconde partie.

La preuve la plus solide est arrivée après. Le tome 24, dernier de la série, est sorti au Japon le 4 juin 2026 — sans épilogue, sans chapitre supplémentaire, sans annonce. Seulement des pages bonus illustrées, sans chapitre supplémentaire.

Une théorie très relayée au printemps annonçait un chapitre 233 caché dans ce volume. Il n’existe pas. Aucune partie 3 n’a été annoncée, et Shonen Jump+ oriente désormais ses lecteurs vers le prochain projet de Fujimoto.

Je ne dis rien du contenu de ce final, pour une raison simple : la majorité des lecteurs français ne l’ont pas lu, et ne le liront pas avant 2027.

Combien de tomes en France, et quand sortent les derniers

C’est la question pratique, et elle est particulière ici puisque la VF a deux tomes de retard sur une série finie.

Édition État
Version japonaise 24 tomes, série terminée. Partie 1 : tomes 1 à 11. Partie 2 : tomes 12 à 24. Dernier chapitre le 25 mars 2026, tome 24 paru le 4 juin 2026
Version française, Crunchyroll Manga 22 tomes parus, le tome 22 étant sorti le 10 juin 2026
Tome 23 Annoncé pour le 14 octobre 2026 — 7,29 € en standard, collector de 7,99 € à 10,99 € selon le volume
Tome 24, dernier Aucune date communiquée à ce jour

Prix et disponibilités relevés le 6 août 2026. Le tome 24 clôturera la série en France.

Concrètement, si vous démarrez maintenant, vous avez de quoi lire : vingt-deux volumes, dont les onze de la partie 1 qui forment un ensemble complet et parfaitement lisible seul. Beaucoup de lecteurs s’arrêtent d’ailleurs là, et ce n’est pas une aberration — la partie 1 se referme proprement.

Un mot sur les éditions collector, qui reviennent régulièrement chez cet éditeur. Ni leur prix ni leur contenu ne sont constants d’un volume à l’autre, et l’écart peut être important.

Tome Standard Collector Ce que contient le collector
21
4 févr. 2026
7,29 € 10,99 € Jaquette alternative, 5 ex-libris, illustration book de 24 pages en couleurs
22
10 juin 2026
7,29 € 7,99 € Jaquette alternative réversible seulement
23
14 oct. 2026
7,29 € 9,99 € Jaquette alternative réversible, reste non communiqué

Le coût total, puisque la question revient : au prix catalogue de 7,29 € le volume, les 24 tomes reviennent à 174,96 €. En s’arrêtant à la fin de la partie 1, au tome 11, on descend à 80,19 €.

Ce que ce tableau dit : le collector du tome 22 ne coûte que 70 centimes de plus et n’ajoute qu’une jaquette. Celui du tome 21 en coûtait 3,70 de plus, mais avec cinq ex-libris et un livret couleur. Celui du tome 23 est à 9,99 € pour un contenu que l’éditeur n’a pas détaillé au-delà de la jaquette : à 2,70 € de supplément, c’est un pari.

Autrement dit, le mot « collector » ne garantit rien ici. Vérifiez la fiche du volume avant de précommander.

Chainsaw Man vaut-il le coup ? Mon verdict

4 sur 5. Et le point retiré ne l’est pas pour le changement de ton de la partie 2, non pour son changement de ton, mais pour son étirement.

Chainsaw Man restera comme l’une des séries les plus influentes de sa génération, et pour une raison précise : elle a prouvé qu’un shonen à très gros tirage pouvait tuer ses personnages sans cérémonie, refuser la montée en puissance, et faire de son héros un imbécile sympathique sans ambition. Une bonne partie de ce qui se publie depuis en porte la trace.

Ce n’est en revanche pas une série pour tout le monde. La violence y est graphique, l’humour souvent scabreux, et le rapport de Makima à Denji — une relation de domination construite sur la privation affective — est décrit avec une froideur que le récit ne condamne jamais explicitement. C’est un parti pris cohérent, pas un angle mort, mais il demande d’être prévenu. Si vous cherchez un shonen cadré et progressif, passez votre chemin. Si vous voulez voir un auteur faire exactement ce qu’il veut avec le genre, c’est une lecture indispensable.

Et l’anime, lui, n’a pas dit son dernier mot : le point complet sur la suite est dans notre dossier Chainsaw Man saison 2.

Que lire après Chainsaw Man

Le plus évident d’abord : Tatsuki Fujimoto lui-même. Fire Punch, sa série précédente, pousse encore plus loin la brutalité et l’absurde ; Look Back et Goodbye Eri, deux one-shots, montrent un auteur beaucoup plus calme et probablement meilleur. Si Chainsaw Man vous a marqué pour sa mise en scène plutôt que pour ses tronçonneuses, c’est par là qu’il faut continuer.

Jujutsu Kaisen partage la même époque et le même refus de protéger ses personnages, avec un système de pouvoir autrement plus bavard.

Kaiju No. 8 prend le contre-pied : même décor de chasse aux monstres institutionnalisée, mais un héros adulte et une tonalité nettement plus chaleureuse.

Et si c’est la brutalité sèche qui vous a retenu, Demon Slayer montre ce que donne la même violence traitée avec un classicisme assumé.

Pour lire légalement les premiers chapitres avant d’acheter, notre guide des plateformes fait le tour des offres.

Questions fréquentes

Le manga Chainsaw Man est-il terminé ?

Au Japon, oui : la partie 2 s’est achevée avec le chapitre 232, paru le 25 mars 2026 au Japon sous le titre « Merci Chainsaw Man », pour un total de 24 tomes. Aucune partie 3 n’a été annoncée. En France, la série n’est pas encore complète : l’édition Crunchyroll en est au tome 22.

Combien de tomes compte Chainsaw Man ?

Vingt-quatre au Japon, série terminée. La partie 1 en occupe onze, la partie 2 les treize suivants. En France, vingt-deux volumes sont parus, le tome 23 est annoncé pour le 14 octobre 2026 et le tome 24 clôturera la série.

Quel éditeur publie Chainsaw Man en France ?

Crunchyroll Manga, au prix de 7,29 € le volume en édition standard. Des éditions collector paraissent régulièrement, mais leur prix et leur contenu varient fortement : 10,99 € pour le tome 21 (jaquette alternative, cinq ex-libris et un livret couleur de 24 pages), 7,99 € pour le tome 22 (une jaquette seulement) et 9,99 € pour le tome 23, dont le contenu n’a pas été détaillé. Vérifiez la fiche du volume concerné.

Peut-on s’arrêter à la fin de la partie 1 ?

Oui. La partie 1 se conclut au tome 11 sur une fin nette et se lit comme un ensemble complet. Beaucoup de lecteurs s’y arrêtent, la partie 2 changeant de cadre, de rythme et de personnage principal. C’est un choix défendable, pas une lecture tronquée.

Chainsaw Man est-il à mettre entre toutes les mains ?

Non. La série est un shonen sur le papier, mais la violence y est graphique, l’humour souvent sexuel et le propos nettement plus adulte que son classement ne le laisse penser. À réserver aux grands adolescents et aux adultes.

Combien coûte la série complète de Chainsaw Man ?

Environ 175 € pour les 24 tomes, au prix catalogue de 7,29 € le volume. En s’arrêtant à la fin de la partie 1, au tome 11, le total descend à 80 €. Les éditions collector, elles, se facturent entre 7,99 € et 10,99 € selon le volume.

Faut-il lire le manga si on a vu l’anime ?

Oui. L’adaptation de MAPPA ne couvre que le début de la partie 1 : le manga va très largement au-delà et reste le seul moyen de connaître la fin de l’histoire. Le détail de l’anime figure dans notre dossier consacré à la saison 2.

Sources. Fin de la partie 2 au chapitre 232 (24 mars à l’international, 25 mars au Japon), absence d’annonce d’une partie 3 et tirage de plus de 30 millions d’exemplaires en circulation : Anime News Network, 10 mars 2026, d’après Shonen Jump+. Nombre de tomes, dates et prix français : fiches Crunchyroll Manga et catalogues libraires, relevés le 10 août 2026. Prix et contenus des éditions collector des tomes 21, 22 et 23 : fiches revendeurs (Fnac, Amazon, Cultura, Leclerc) relevées le 10 août 2026 ; EAN 9782820355102, 9782820356468 et 9782820301673.

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