Blacksad Tome 8 : Le Retour du Detective
| Titre | Blacksad, Tome 8 : Le Retour du Détective |
| Scénario | Juan Diaz Canales |
| Dessin et couleurs | Juanjo Guarnido |
| Éditeur | Dargaud |
| Pages | 56 pages couleur |
| Prix | 14,50 EUR |
| Genre | Polar animalier / BD européenne |
| Époque | New York, hiver 1959 |
| Première édition | Octobre 2025 |
Après six ans de silence, le chat noir reprend du service
Blacksad est une de ces séries qu’on ne présente plus. Depuis le premier tome en 2000, Juan Diaz Canales au scénario et Juanjo Guarnido au dessin ont imposé leur détective félin comme une référence incontournable du polar en bande dessinée. Ce huitième opus nous replonge dans le New York des années 50, et l’attente en valait la peine.
L’intrigue : Broadway, paranoïa et faux-semblants
New York, hiver 1959. Blacksad, en semi-retraite, est tiré de sa torpeur par la disparition d’une jeune actrice de Broadway. Une affaire de fugue en apparence. En réalité, une plongée dans les coulisses du showbiz new-yorkais, entre théâtres prestigieux et clubs interlopes.
Ce qui rend ce scénario aussi solide :
- Le contexte historique — Guerre froide, anticommunisme, tensions raciales. Canales intègre tout ca dans l’intrigue sans jamais tomber dans le didactisme.
- Les personnages secondaires — La costumière fatiguée, le producteur véreux, et Weekly la belette fidèle qui équilibre la noirceur avec son humour.
- Le rythme — Pas de temps mort. Un crescendo implacable vers un dénouement aussi surprenant qu’inévitable.
Le dessin : Guarnido au sommet
Chaque case est un tableau. Guarnido n’a pas chômé pendant six ans : la précision anatomique des animaux anthropomorphisés, les décors d’une fidélité photographique, la colorisation — tout a progressé.
La double page montrant Blacksad contemplant Times Square depuis un toit enneigé est probablement la plus belle planche de toute la série. Composition, lumières, détails : tout y est.
La palette chromatique de ce tome est particulièrement réussie :
- Extérieurs — Bleus profonds, neige bleutée, néons de Broadway perçant la nuit
- Intérieurs — Tons chauds, lampes d’époque, atmosphère enfumée des loges
- Le contraste froid/chaud — Un choix narratif autant qu’esthétique qui porte toute l’ambiance de l’album
Blacksad : le personnage a muri
On retrouve un Blacksad légèrement vieilli, marqué par ses enquêtes précédentes. Cynique sans être désabusé, romantique sans être naïf. Il écoute davantage, observe plus qu’il n’agit. Les auteurs font grandir leur personnage — c’est trop rare en BD de genre pour ne pas le souligner.
Les limites
- Prévisibilité — Les lecteurs aguerris de polars identifieront le coupable avant la fin. Mais Blacksad a toujours ete autant dans le voyage que dans la destination.
- 56 planches — Certains personnages secondaires mériteraient plus de place. La densité est un choix, mais ca laisse un goût de trop peu.
Notre verdict
Un grand cru Blacksad
Polar graphique somptueux. Canales et Guarnido prouvent que la qualité ne faiblit pas. Indispensable.
Points forts
- Dessin et colorisation au sommet absolu de la série
- Intrigue policière dense et parfaitement rythmée
- Contexte historique riche (New York 1959, Broadway, guerre froide)
- Évolution crédible et touchante du personnage
Points faibles
- Mobile du crime un peu prévisible pour les amateurs de polar
- Format 56 planches qui laisse sur sa faim
Pour qui ?
| Profil | On recommandé ? |
|---|---|
| Fan de Blacksad | Achat les yeux fermés. |
| Amateur de polar BD | Un des meilleurs polars graphiques de ces dernières années. |
| Nouveau lecteur | Lisible seul, mais commencer par le tome 1 est recommandé. |
| Lecteur occasionnel | Album parfait pour découvrir la BD européenne haut de gamme. |


