Cobra the space pirate – 02 – Le rugball

Année(s) : Fin des années 1970 (2015-2016 pour l’édition française de Black Box)

Auteur(s) : Buichi Terasawa

Catégorie : Manga – Science-fiction

Genre : Il va y avoir du sport

Format : Tomes 3 et 4 (édition Black Box).

Disponibilité : La série est disponible sur Amazon.

Note : Comme il s’agit d’un manga, les extraits se lisent de droite à gauche.

Après avoir retrouvé la mémoire, participé à une chasse au trésor dont l’enjeu était une arme absolue, affronté un mauvais génie échappé des 1001 nuits et tenté de dévaliser un casino dirigé par un lookalike de Darth Vader armé de fulguropoings, on aurait pu penser que Cobra allait prendre un peu de repos mais comme le pirate de l’espace au nom de serpent venimeux déteste l’inactivité, il préfère enchaîner avec d’autres aventures interplanétaires, toujours aidé de sa fidèle partenaire robotique Lady et de son tout aussi fidèle psychogun.

Et cette arme intéresse justement un certain Zigoba, un adepte de la traite des blanches capable de traverser la matière qui oblige une de ses prisonnières à espionner notre héros pour étudier son arme qu’il a l’intention de fabriquer en série pour équiper ses hommes.

Si cette première aventure intitulée Le Secret du Psychogun est assez classique, la suivante, Voulez-Vous un robot? est beaucoup plus atypique: Cobra y fait l’acquisition d’un robot d’occasion amnésique enchaîné à une main sans corps dont il se débarrasse négligemment sans se douter qu’elle n’est que la partie visible du Zabal O, un androïde que le robot maintenait prisonnier dans une autre dimension. Une fois séparé de son geôlier, il rejoint notre dimension pour y faire ce pour quoi il a été programmé: exterminer toute vie en prenant le contrôle des robots de la planète qui se livrent à un véritable massacre avant de s’agglomérer autour de leur maître en une copie géante de son corps.

Malheureusement, après avoir fait monter le suspense et la tension dans une première partie des plus efficace où Cobra doit échapper à tous les robots qu’il rencontre tout en assistant à des scènes cauchemardesques de massacres de civils …

… Buichi Terasawa semble réaliser brusquement qu’il n’a pas la moindre idée de comment son héros pourrait vaincre un tel adversaire et décide de résoudre la situation par un deus ex machina: sitôt sa mémoire retrouvée, le robot geôlier sort de nulle part un pouvoir de remonter le temps et retourne au moment où Cobra l’avait acheté, effaçant tous les événements de l’épisode.

Le troisième récit, La Planète Foudroyée, est une histoire de cambriolage très efficace dans laquelle Cobra, accompagné de Vega, un ami à qui il a autrefois sauvé la vie et qui semble souffrir d’une maladie ne lui laissant que peu de temps à vivre, s’introduit dans un musée en se faisant passer pour un expert en art dans le but de dérober un précieux cristal gardé par des dinosaures robotiques … infiniment moins dangereux que les orages destructeurs qui déchirent la planète durant la nuit et rendraient impossible toute fuite par les airs si l’auteur ne nous ménageait pas un brillant twist final.

Et au cas où vous auriez encore des doutes sur l’inspiration Star Wars de Terasawa, la cité qui entoure le musée possède un singulier air de famille avec la Cité des Nuages de Bespin.

Dans le quatrième récit, Le Visiteur des Souterrains, Cobra se rend sur la planète Rifle (comme l’indique son nom qui signifie « fusil », c’est une planète à l’ambiance très western) …

… pour y retrouver son vieil ami Zingolo, le concepteur de son vaisseau spatial, et surtout sa ravissante petite-fille Yuko. Malheureusement, il y apprend que son ami a été tué et que Yuko a été enlevée par la guilde des pirates qui utilise des véhicules fouisseurs meurtriers pour exploiter les gisements d’un minéral permettant de fabriquer une drogue extrêmement puissante et addictive. D’ailleurs, leurs ouvriers sont des prisonniers transformés en esclaves dociles par cette drogue qui a irrémédiablement détruit leur système nerveux.

Cobra parviendra à détruire la mine et ses sinistres exploitants (Ainsi que leurs esclaves innocents, mais on va dire que ce sont des dommages collatéraux) avec l’aide d’un autre véhicule fouisseur mis au point par Zingolo et de Yuko qui a trompé la vigilance de ses ravisseurs en simulant la folie (ce qui fournit d’ailleurs à Terasawa une excuse pour la dessiner à poil pendant toute une scène avant de l’habiller d’une tenue dont je préfère ne pas savoir où elle l’avait cachée en attendant).

Dans le récit suivant intitulé Le Rugball, le plus long et le plus connu de cette deuxième partie, Cobra est contacté par son amie policière Dominique Royal qui lui propose un marché: la police spatiale soupçonne un stade situé sur la planète Rall de servir de plaque tournante au trafic de rodocaïne de la guilde des pirates mais comme ce stade bénéficie d’un statut particulier qui le place hors de sa juridiction, elle ne peut y intervenir sans disposer d’une preuve formelle et le seul moyen de l’obtenir est que Cobra s’y introduise en intégrant une des équipes de rugball, un sport mêlant le base ball (qui est très populaire au Japon) et le football américain où les morts et les blessés graves sont monnaie courante.

En échange de la double promesse d’une amnistie et d’une coquette prime de 2 millions de dollars, notre héros accepte cette mission et devient un joueur de rugball sous l’identité de Joe Gillian. Afin de le tester, Land, le propriétaire du stade, lui propose d’affronter sa meilleure équipe avec celle qu’il aura constituée avec les joueurs de son choix. À la grande surprise de Land, Cobra choisit les joueurs de l’équipe Z qui sont les plus mauvais du stade. Mais aussi les plus dangereux, au point que personne n’ose s’aventurer dans leurs quartiers.

Mais on comprend beaucoup mieux son choix quand on découvre que l’équipe Z est dirigée par un certain Rick Blue, un colosse de 2m70 à la musculature bien rodée qui est en réalité son vieil ami Zack Simon, ancien pirate de l’espace reconverti dans le sport pour échapper à la police.

C’est donc sans réelles difficultés que Cobra se fait accepter par cette équipe de bras cassés casseurs de bras parmi lesquels on remarque trois hommes canards originaires – ce n’est pas une blague – de la planète Donald.

À partir de là, le récit suit le schéma classique de la team de loosers en qui personne ne croit mais qui réussit à prouver ses compétences et à connaître son heure de gloire face à une équipe d’élite, le tout doublé d’un récit d’infiltration et d’espionnage où Cobra profite du match pour récupérer les preuves incriminant Land et les faire parvenir à Dominique.

L’histoire ne s’arrête cependant pas avec l’arrestation de Land car ce dernier a encore un atout dans sa manche, ou plutôt dans sa bague qui dissimule une Mermaid, une créature grossissant à mesure qu’elle se nourrit d’énergie, y compris celle des armes utilisées contre elle, et qu’il libère dans les locaux de la police de l’espace avant de se suicider.

Cobra réussira à détruire le monstre … et a dévaliser au passage le coffre de la police qui était revenue entre-temps sur sa promesse des 2 millions de dollars, l’amnistie lui ayant déjà fait suffisamment mal aux fesses.

Son casse suivant ne se passe malheureusement pas aussi bien et après que son appareil ait été abattu, Cobra doit traverser un désert particulièrement hostile avec son butin et un groupe de soldats rencontrés sur place. Mais la faune meurtrière et le climat qui l’est tout autant ne sont pas les seules menaces qu’ils devront affronter durant le trajet. En effet, après avoir abattu ce qui leur semblait être un soldat ennemi, ils découvrent qu’il s’agissait en fait d’un sergent de leur armée et comprennent qu’un des deux sergents qui les accompagnent est un espion qui a volé son uniforme et qu’ils doivent démasquer d’autant plus vite qu’il profite du périple pour les éliminer un par un.

Vous l’aurez compris, ce récit intitulé Les Deux Sergents est un brillant survival doublé d’un whodunit dont la conclusion nous réserve un excellent twist, légérement gâché par le fétichisme de l’auteur. (Je vais être obligé de spoiler la conclusion. Sautez donc ce paragraphe et le suivant si vous voulez préserver la surprise) En effet, le sergent tué avait été promu commandant et l’espion est donc le commandant. Ou plutôt LA commandantE qui, comme tous les personnages féminins de la série, se promène à moitié à poil, ce qui fait qu’on imagine mal un homme porter son uniforme!

D’ailleurs, maintenant que j’y pense, sa tenue ressemble énormément à celles que porte Æon Flux … qui n’existait pas encore à l’époque. Y aurait-il eu une inspiration consciente ou inconsciente?

Dans le récit suivant, Les Marchands de Mort, Lady est enlevée par un homme d’affaires nommé Brian Reed qui oblige ainsi Cobra à lui remettre des diamants volés en échange de la vie de sa partenaire. Cobra devra donc trouver un moyen de récupérer ses biens mal acquis, non sans avoir entre-temps découvert que Reed est en réalité son vieil ennemi Crystal Boy qui a survécu à leur précédent affrontement (Après tout, qu’est-ce qu’un trou dans le bide pour un cyborg?). La pince qui termine son bras droit aura d’ailleurs mis la puce à l’oreille du lecteur malgré son déguisement.

Enfin, dans le dernier récit de cette deuxième partie, Une Tombe Sous la Mer, Cobra profite de vacances à la mer en compagnie de Dominique (officiellement en mission pour le capturer) quand celle-ci est enlevée par les Seamen, des femmes cyborgs capables de respirer sous l’eau et qui devraient donc plutôt s’appeler SeaWOMEN mais les Japonais ont souvent des problèmes avec le genre et le nombre des mots étrangers car ils sont facultatifs dans leur langue.

Cobra devra donc secourir son amie en se rendant dans leur base sous-marine où il affrontera leur redoutable cheffe, Iron Head, une cyborg dont la tête aux cheveux préhensiles peut voler et changer de corps au gré de ses besoins et qui se protège derrière un bouclier à l’épreuve des rayons.

Ce sera malheureusement la dernière fois que Cobra et Dominique seront réunis, cette dernière étant promise à un sort funeste dans la troisième partie. Mais ceci est une autre histoire …

Buichi Terasawa ne ménage pas son héros dans cette deuxième partie riche en aventures plus ou moins longues qui alternent les genres (Action, survival, cambriolage, western, sport, whodunit …) tout en conservant le côté mélange de Star Wars (pour les aliens, robots, vaisseaux et villes aux designs variés et inventifs) et de James Bond (pour l’action mâtiné d’espionnage, les gadgets et les James Bond Girls fort peu vêtues et souvent cadrées au niveau des fesses) qui fait le charme de la série.

Verdict?

Illustrations extraites de : Cobra, Æon Flux.

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