Manga

Divines : le manga hilarant de Kamome Shirahama avant L’Atelier des sorciers

Par Kamome Shirahama

Fiche Technique

Titre français : Divines

Titre original : エニデヴィ (Enidewi)

Auteur : Kamome Shirahama

Éditeur japonais : Mag Garden (Monthly Comic Blade)

Éditeur français : Pika Édition

Année : 2013-2015

Nombre de volumes : 3 tomes

Format : 15 histoires courtes (format yonkoma étendu)

Genre : Comédie, Fantasy, Buddy comedy

Public : Tous publics (dès 12 ans)

Avant L'Atelier des Sorciers : Les Débuts de Kamome Shirahama

Avant de connaître un succès amplement mérité avec L'Atelier des Sorciers (Tongari Boushi no Atelier), la mangaka Kamome Shirahama avait débuté avec Enidewi, publié en France sous le titre Divines. Cette première série, moins connue mais tout aussi charmante, révélait déjà le talent graphique exceptionnel de l'auteure et son sens de l'humour décalé.

Découvrez l'amitié souvent orageuse entre l'adorable ange Eniale (Eni) et cette sale démone de Dewiela (Dewi). Une envoyée du ciel et une suppôt de Satan : une amitié qui sent le soufre ! Le pitch est simple mais efficace : deux êtres opposés par nature (bien vs mal, ordre vs chaos) sont les meilleures amies du monde et vivent en colocation sur Terre, où elles multiplient les catastrophes.

Des Disputes Dévastatrices et des Situations Délirantes

Bien qu'adversaires professionnelles (Eni doit sauver des âmes, Dewi doit les corrompre), Eni et Dewi sont les meilleures amies du monde. Ce qui ne les empêche pas de se livrer à des disputes dévastatrices à chaque fois que l'une utilise le maquillage de l'autre sans permission ou déchiquette sa garde-robe par ses battements d'ailes frénétiques. Ces chamailleries de colocataires prennent rapidement des proportions cosmiques, impliquant anges, démons, et pauvres humains pris entre deux feux.

Les tâches les plus simples aboutissent toujours aux conséquences les plus délirantes : la recherche de la maman d'un bébé conduit à l'apparition d'un caniche colossal, une journée shopping se conclut par une course-poursuite avec un exorciste zélé, et assurer la protection d'un prêtre aboutit à une invasion de zombies dansant Thriller de Michael Jackson dans les rues de Londres.

Le format court (histoires de 15-30 pages) sert parfaitement le propos comique. Chaque chapitre pose une situation absurde, la développe avec escalade de chaos, et conclut sur une chute inattendue. Shirahama maîtrise le timing comique : les gags visuels s'enchaînent, les dialogues percutants fusent, et l'absurde culmine toujours au bon moment.

Ce qui rend la série attachante au-delà de l'humour, c'est la relation entre Eni et Dewi. Malgré leurs différences ontologiques (l'une incarne le bien, l'autre le mal), elles partagent une amitié sincère. Elles se chamaillent, se vengent mutuellement, mais se soutiennent toujours quand ça compte vraiment. C'est une buddy comedy classique transposée dans un univers fantasy.

Un Graphisme Superbe : Déjà le Style de L'Atelier des Sorciers

Kamome Shirahama est diplômée des beaux-arts de Tokyo et ça se voit. Les illustrations en pleine page sont absolument sublimes, d'une finesse et d'une élégance rares dans le manga comique. Ses deux héroïnes sont adorables : visage rond et tenues élégantes pour l'angélique Eni, visage longiligne et tenues sombres révélatrices pour la diabolique Dewi.

Le trait de Shirahama mêle influences occidentales (illustration européenne, Art nouveau) et esthétique manga. Ses décors, notamment les scènes londoniennes, sont magnifiquement détaillés. Ses costumes, qu'elle change régulièrement pour ses héroïnes, révèlent son sens aigu du design : Eni porte des tenues victoriennes délicates, Dewi des ensembles gothiques provocateurs.

Les planches en couleur (présentes dans chaque volume) sont époustouflantes. Shirahama use d'aquarelles et de techniques traditionnelles qui donnent une texture unique à ses illustrations. Ces pages couleur préfigurent le magnifique travail qu'elle accomplira plus tard dans L'Atelier des Sorciers.

Même les planches noir et blanc, standard manga, bénéficient d'un soin exceptionnel : trames délicates, noirs profonds, jeu sur les textures. Shirahama n'hésite pas à laisser respirer ses pages, privilégiant l'élégance à la densité narrative.

Points Forts

  • Graphisme exceptionnel : Shirahama au sommet dès ses débuts
  • Duo de personnages attachant : Eni et Dewi sont adorables
  • Humour efficace : gags visuels et situations absurdes bien dosés
  • Format court : histoires indépendantes, lecture facile
  • Design de personnages magnifique, costumes variés
  • Planches couleur sublimes dans chaque volume
  • Ton léger sans être niais, comédie intelligente
  • Accessible à tous, lecture parfaite pour se détendre

Points Faibles

  • Seulement 3 volumes : on en voudrait plus !
  • Format episodique répétitif : schéma situation → chaos → résolution
  • Peu de profondeur narrative : c'est du pur divertissement léger
  • Personnages secondaires sous-développés, simples faire-valoir
  • Certains gags tombent à plat, humour inégal
  • Moins ambitieux que L'Atelier des Sorciers (normal, c'est un début)
  • Fan-service léger (tenues de Dewi) peut agacer certains

😇😈 Verdict

Succession de récits hilarants rehaussés de superbes dessins, Divines est une série à damner un saint ! Kamome Shirahama signe une comédie fantasy charmante qui annonce déjà son talent graphique exceptionnel. On regrette qu'il n'y ait que trois volumes, mais comme ça nous a permis d'avoir ensuite L'Atelier des Sorciers, c'est un mal pour un bien.

Pour qui ? Les fans de Kamome Shirahama qui veulent découvrir ses débuts, les amateurs de buddy comedy fantasy, les lecteurs qui cherchent un manga léger et magnifiquement dessiné. Lecture détente idéale.

Note : ★★★★☆ (Très Bonne BD)