My Hero Academia Tome 38 : critique — Deku perd le contrôle dans l’arc final
| Titre | My Hero Academia – Tome 38 |
| Auteur | Kohei Horikoshi |
| Éditeur VF | Ki-oon (Shonen) |
| Éditeur VO | Shueisha (Weekly Shonen Jump) |
| Traduction | David Le Quéré |
| Pages | 208 pages, noir et blanc |
| Prix | 6,95 EUR |
| Date VF | 1er février 2024 |
| Date VO | 2 juin 2023 |
| ISBN | 9791032716892 |
| Genre | Shonen / Action / Super-héros |
| Série | 42 tomes (terminée) |
On en est au stade de My Hero Academia où tout explose en même temps. Le tome 38 jongle entre trois fronts de bataille et réussit le pari de tous les rendre palpitants. Horikoshi pousse ses personnages dans leurs derniers retranchements, et ça donne l’un des volumes les plus denses de l’arc final.
Deku perd le contrôle, et c’est terrifiant
Le face-à-face tant attendu entre Deku et Tomura Shigaraki prend un tournant que personne n’avait vu venir. Au lieu du combat héroïque classique où le héros transcende ses limites grâce à la force de ses convictions, Deku craque. Il voit les blessures infligées à ses amis et la rage prend le dessus. Plus de calcul, plus d’analyse, plus de plan. Juste de la violence brute.
C’est d’autant plus marquant qu’Horikoshi a passé 37 tomes à construire un héros qui réfléchit avant de frapper. Le voir basculer dans la colère aveugle, c’est voir le protagoniste qu’on connaît par cœur devenir méconnaissable. Heureusement, Lemillion intervient pour le ramener à la raison avant que Shigaraki ne profite de l’ouverture. Mais le mal est fait : Deku a montré une facette de lui-même qu’il ne soupçonnait pas.
La force de cette scène, c’est qu’Horikoshi ne la présente pas comme un power-up. C’est un échec. Deku qui perd le contrôle, c’est Deku qui trahit tout ce qu’il défend.
Toga joue sa carte maîtresse
Pendant que Deku se bat sur son front, un autre champ de bataille vole la vedette : celui de Himiko Toga. Et là, Horikoshi sort son meilleur coup narratif du tome. Toga utilise le sang de Twice qu’elle avait conservé pour lancer une véritable armée de clones.
Pour ceux qui ne s’en souviennent plus : Twice, c’est le villain qui pouvait dupliquer n’importe quoi à l’infini. Son pouvoir entre les mains de Toga, c’est un cauchemar logistique pour les héros. D’un seul coup, le rapport de force bascule complètement. Les héros qui croyaient avoir l’avantage numérique se retrouvent submergés.
Ce qui rend cette séquence brillante, c’est qu’elle donne enfin à Toga la profondeur qu’elle méritait. On est loin de la yandere unidimensionnelle des premiers arcs. Horikoshi en fait un personnage tragique dont les motivations — aussi tordues soient-elles — sont compréhensibles. Elle aime à sa façon, même si cette façon implique de réduire une ville en cendres.
Ochaco vs Toga : le vrai combat émotionnel du tome
Et c’est là qu’Ochaco entre en jeu. Le combat Ochaco/Toga n’est pas un affrontement de puissance — c’est un conflit idéologique. Ochaco essaie de convaincre Toga de ne pas tout détruire. Pas en la frappant plus fort, mais en lui parlant. En essayant de comprendre.
C’est le genre de scène que les shonen classiques ne font jamais. Dans un Dragon Ball, on règle les conflits à coups de poing. Ici, Horikoshi propose un héroïsme de la compassion, et ça demande un sacré courage narratif dans un magazine comme le Weekly Shonen Jump où les lecteurs veulent de l’action. Le résultat est poignant, parfois maladroit, mais sincère.
Tsuyu apporte un soutien discret mais crucial à Ochaco dans ces séquences. Leur duo fonctionne parce qu’il repose sur une amitié construite depuis le tome 1. Pas besoin de flashback explicatif : on sent le lien.
Black Mist refait surface
Comme si deux fronts de bataille ne suffisaient pas, Horikoshi rajoute une couche : Black Mist — ou plutôt Kurogiri — semble reprendre conscience. C’est un fil narratif qui traîne depuis l’arc de la Guerre de Libération Paranormale, et le voir resurgir ici ajoute encore de l’incertitude à une situation déjà chaotique.
Le traitement de Kurogiri dans ce tome est succinct — quelques pages, pas plus — mais stratégiquement placé. Ça plante une graine pour les tomes suivants sans alourdir un volume déjà très chargé.
Le dessin : Horikoshi en mode marathon
Graphiquement, on sent la fatigue de la sérialisation hebdomadaire. Certaines cases sont moins détaillées que d’habitude, surtout dans les scènes de transition. Mais quand ça compte — les doubles pages de combat, les gros plans sur les visages — Horikoshi assure. L’expression de Deku quand il bascule dans la rage vaut à elle seule l’achat du tome.
Le découpage reste impeccable. Horikoshi jongle entre trois théâtres d’opérations sans jamais perdre le lecteur. Les transitions entre les fronts sont nettes, les ellipses bien gérées, et le rythme ne faiblit pas sur 208 pages. C’est de la narration visuelle maîtrisée, même si le trait trahit parfois l’épuisement.
| Front | Personnages | Enjeu | Intensité |
|---|---|---|---|
| Deku vs Shigaraki | Deku, Lemillion | Deku perd le contrôle | Très haute |
| Toga et les clones | Toga, armée Twice | Submersion des héros | Haute |
| Ochaco vs Toga | Ochaco, Tsuyu | Convaincre sans combattre | Émotionnelle |
Un tome de transition qui n’en a pas l’air
Soyons honnêtes : le tome 38 n’est pas un climax. C’est un tome qui met les pièces en place pour les volumes suivants (39-42 boucleront la série). Mais contrairement aux tomes de transition habituels qui sentent le remplissage, celui-ci est tellement dense qu’on ne le remarque pas. Chaque chapitre fait avancer au moins un fil narratif, et les moments émotionnels compensent largement le fait que rien n’est « résolu » à la fin.
Si on compare avec la structure globale de la série : les tomes 1-5 posaient les bases, les tomes 27-31 constituaient le sommet de l’arc Guerre de Libération Paranormale, et les tomes 38-42 constituent le sprint final. Ce tome 38 est le moment où les coureurs prennent leur souffle avant l’emballement. Et même ce souffle est haletant.
Notre verdict
Excellent
Un tome dense qui jongle brillamment entre trois fronts de bataille. Toga vole la vedette à Deku, et c’est tant mieux.
Points forts
- Toga enfin traitée comme un personnage à part entière
- L’armée de clones Twice : une escalade brillante
- Deku qui perd le contrôle — scène marquante
- Le duo Ochaco/Toga : combat émotionnel rare dans un shonen
- Rythme soutenu malgré trois fronts simultanés
Points faibles
- Dessin parfois moins détaillé (fatigue de la sérialisation)
- Black Mist/Kurogiri sous-exploité
- Pas de résolution : c’est un tome de mise en place
Pour qui ?
Indispensable pour les fans qui suivent la série. Pour les nouveaux, commencez par le tome 1 — ce tome 38 est incompréhensible sans les 37 précédents. Pour ceux qui ont lâché en cours de route : l’arc final (tomes 34-42) vaut le retour. Et Toga dans ce tome, c’est du grand Horikoshi.
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Questions fréquentes
Combien de tomes compte My Hero Academia ?
La série est terminée à 42 tomes. Le tome 38, sorti en VF le 1er février 2024 chez Ki-oon, fait partie de l’arc final (tomes 34-42). Le dernier tome est sorti en France le 5 juin 2025.
De quoi parle le tome 38 de My Hero Academia ?
Le tome 38 couvre trois fronts de l’arc final : Deku face à Shigaraki (où Deku perd le contrôle), Toga qui utilise le sang de Twice pour créer une armée de clones, et Ochaco qui tente de raisonner Toga. Black Mist/Kurogiri refait également surface.
Le tome 38 est-il un bon point d’entrée pour la série ?
Non. C’est un tome en plein arc final avec des références constantes aux événements précédents. Commencez par le tome 1 ou, au minimum, par le tome 34 si vous voulez aborder directement l’arc final (déconseillé).
Quelle note pour My Hero Academia Tome 38 ?
4/5. Un excellent tome d’arc final qui brille par le traitement de Toga et le basculement de Deku. Pas le meilleur de la série (les tomes 27-31 constituent le vrai sommet de l’arc Guerre), mais un volume dense et émotionnellement chargé qui mérite largement la lecture.


