Big book of hoaxes (The)

Année(s) : 1996

Auteur(s) : Carl Sifakis, Steve Vance, Paul M. Yellovich, Tom Peyer, Robert Loren Fleming, George Hagenauer, Carl Posey (Scénario), Collectif (Dessins)

Catégorie : Comics – Anthologie

Genre : L’art de l’arnaque.

Format : Album de 192 pages

Disponible sur : Amazon, Ebay.

Note : Les extraits proviennent de la VO et ont été traduits par mes soins.

Pour son sixième volume, la collection Big Book se penche sur les canulars et leurs pendants maléfiques que sont les arnaques et les escroqueries. Comme le préfigure la couverture de Tom Taggart (Agrémentée d’une énorme faute de grammaire!) où un pseudo-Van Gogh réalise des autoportraits apocryphes à la chaîne, la lecture de cet ouvrage va nous démontrer que le canular est un art.

Et justement, le premier chapitre, The art of the hoaxes, est consacré aux canulars du domaine artistique, dont les représentants les plus évidents sont les faussaires comme Alceo Dossena qui réalisait des imitations bluffantes de sculptures antiques pour le plaisir sans se douter que son agent indélicat les vendait en les faisant passer pour authentiques, ou Fritz Kreisler, violoniste et compositeur virtuose qui, faute d’argent et de notoriété pour se lancer dans une carrière solo, eut l’idée d’inclure dans ses représentations de faux morceaux inédits de compositeurs célèbres dont il reproduisait le style avec une telle perfection que certains critiques lui reprochaient d’oser jouer ses propres compositions à côté de tels chefs d’œuvre … et se sentaient tellement bêtes quand il leur avouait en être l’auteur qu’ils préféraient garder cette révélation pour eux.

Mais il est aussi question de canulars littéraires, comme Les Protocoles des Sages de Sion, la fausse autobiographie d’Howard Hughes ou les journaux intimes bidons d’Hitler.

Et il y a aussi le cas particulier de Billy Tipton. Ce musicien de jazz n’était pas un faussaire mais il avait réussi à cacher, toute sa vie durant, qu’il était une femme à son entourage, épouse comprise!

Dans le deuxième chapitre, Media Hoaxes, il est question de canulars véhiculés par les médias. Certains étaient des mensonges volontaires destinés à manipuler l’opinion publique comme les fake news de Benjamin Franklin et celles de William Randolph Hearst.

Mais d’autres étaient totalement involontaires, comme la célèbre panique provoquée par l’adaptation radiophonique de La Guerre des Mondes que des auditeurs l’ayant prise en cours de route avaient confondue avec un vrai bulletin d’information décrivant une invasion extraterrestre! Le comble, c’est qu’un quiproquo similaire s’était produit 12 ans plus tôt en Angleterre avec une fiction satirique décrivant une fausse insurrection.

Le troisième chapitre, Scientific Hoaxes, est consacré, les anglophones l’auront deviné, aux canulars scientifiques: avancées bidons telles qu’un faux clone datant de bien avant celui des raëliens ou des études sur les pouvoirs psychiques des rats et pseudo-découvertes archéologiques comme l’Homme de Piltdown ou la pierre de Bill Stump. On y parle aussi de Mary Toft qui prétendait accoucher de lapins et des sœurs Wright dont les fausses photographies de fées avaient dupé jusqu’à Sir Arthur Conan Doyle!

Dans le quatrième chapitre, Mass Hysteria, il est question de populations trompées à grande échelle. On y parle ainsi des centaines de gogos persuadés de la réalité d’un projet visant à scier Manhattan en deux dans un récit illustré par Rick Parker en imitant les gravures d’époque.

Il y est également question de pièges à touristes comme le faux serpent de mer de Silver Lake qui était en réalité une mécanique complexe ou de la ville de Palissade qui semblait être le théâtre quotidien de duels, meurtres et autres attaques indiennes au point d’alerter l’armée … alors qu’il ne s’agissait que de mises en scènes pour impressionner les voyageurs de passage!

Le cinquième chapitre, Impostors and Fakers, traite d’imposteurs comme Rosie Ruiz, lauréate féminine du marathon de New York jusqu’à ce qu’on découvre qu’elle avait en réalité fait le gros du parcours en métro, George Dupre dont la conduite aussi courageuse qu’imaginaire durant sa détention par la Gestapo fit l’objet d’un livre de Quentin Reynolds, The Man Who Wouldn’t Talk, Wilhelm Voight qui ridiculisa les gardes prussiens en se faisant passer pour un de leurs officiers, Horace Devere Cole et ses amis qui visitèrent un navire de guerre avec tous les honneurs en se grimant en dignitaires africains, ou la Princesse Caraboo qui prétendait être une princesse étrangère enlevée par des pirates.

Le sixième chapitre, Pranksters and Scam Artists, parle de sympathiques farceurs comme Brian G. Hughes ou Hugh Troy et de nettement moins sympathiques escrocs comme Charles Ponzi et sa célèbre pyramide ou George Parker qui s’était fait une spécialité de vendre des monuments et édifices publics à des gogos, avec une nette prédilection pour le pont de Brooklyn.

Enfin, le dernier chapitre, Scams, ne traite pas de personnes ou d’événement réels mais des arnaques en général à travers une série de récits d’une ou deux pages consacré chacun à une technique particulière.

Il est beaucoup question d’escrocs et d’arnaqueurs dans ce livre et certains canulars ont même eu des conséquences funestes: les nonnes qui se prétendaient possédées à Loudun en 1633 causèrent la torture et l’exécution pour sorcellerie du Père Urbain Grandier, une fake new de 1898 annonçant la démolition prochaine de la Grande Muraille pour ouvrir la Chine au reste du monde attisa les mouvements xénophobes au point d’aboutir à la meurtrière révolte des Boxers et Les Protocoles des Sages de Sion sont encore aujourd’hui l’ouvrage de référence d’antisémites convaincus de leur authenticité. D’ailleurs, croyez le ou non, mais un Guignol s’est plaint sur Amazon que ce livre ne traite pas du « canular » de la Shoah! Comme quoi, ce sont hélas les canulars les plus nocifs qui durent le plus longtemps.

Mais si certains arnaqueurs ne cherchaient qu’à s’enrichir ou pire, manipuler l’opinion pour faire passer leurs idéologies nauséabondes, certains avaient des motivations des plus louables: jouer de fausses compositions d’auteurs célèbres était l’unique moyen pour Fritz Kreisler de faire connaître son talent, le faux serpent de mer de Silver Lake et les fausses fusillades de Palissade étaient un moyen comme un autre d’attirer les curieux et de faire fructifier les commerces locaux, Tom Connery souhaitait sensibiliser la population aux mauvais traitements des animaux dans les zoos en publiant un article décrivant les ravages causés par leur évasion imaginaire tout en précisant bien à la fin qu’il s’agissait d’un récit fictif et les multiples mises en scène d’Harry Reichenbach lui permettaient d’assurer une brillante publicité aux films et acteurs dont il avait la charge.

Car comme diraient Les Inconnus, il y a les bons arnaqueurs et les mauvais arnaqueurs. Et au fond, qui sont les plus à blâmer? Les arnaqueurs eux-mêmes ou les gogos qui se laissent berner et les soi-disant experts incapables de découvrir le pot aux roses? Ce qui n’est pas une arnaque, en revanche, c’est ce livre passionnant, instructif et joliment illustré par de talentueux graphistes. La collection Big Book continue d’enchaîner les ouvrages de qualité.

Verdict?

Illustrations extraites de : The Big Book of Hoaxes.

Un commentaire

  • Il faudra inclure une nouvelle arnaque, celle du soi disant virus! C’est la Chine, avec l’OMS et les gouvernements mondiaux qui en sont responsable. Il faut dire non à tout cela!

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