Big book of freaks (The)

Année(s) : 1996

Auteur(s) : Gahan Wilson (Scénario), Collectif (Dessins)

Catégorie : Comics – Anthologie

Genre : Les freaks, c’est chic.

Format : Album de 224 pages

Disponible sur : Amazon, Ebay.

Note : Les extraits proviennent de la VO et ont été traduits par mes soins.

Approchez, mesdames et messieurs! Venez admirez une cinquantaine d’incroyables histoires authentiques de curiosités humaines nées d’autant de mères mais d’un seul père dans le 5eme volume de la collection Big Book consacré aux Freaks! Que le spectacle commence!

Oui, cet ouvrage est né d’une cinquantaine de mères pour un seul père si on se base sur une métaphore d’Alejandro Jodorowsky selon laquelle un scénariste est un père qui insémine ses dessinateurs. Dans le cas présent, l’heureux papa (mais aussi une des mamans car il illustre quatre récits, dont l’introduction et la conclusion, ce qui fait de lui un hermaphrodite) est Gahan Wilson, un cartooniste justement célèbre pour les nombreux monstres et créatures étranges qui hantaient ses dessins humoristiques où même les personnages humains semblaient terrifiants. Et donc, entre une introduction et une conclusion animées par un étrange aboyeur de foire, Gahan va nous narrer les destins de plusieurs phénomènes à travers des récits répartis dans 8 chapitres.

Le premier, Legendary Freaks, est consacré aux freaks réels ou imaginaires des temps anciens, qu’il s’agisse des étranges créatures décrites par les explorateurs, telles que les Cyclopes, les Faunes, les Sirènes …

… des tout aussi étranges monstres de pierre que sont les vénus préhistoriques, les gargouilles et autres Sphinxs …

… ou bien de géants comme l’empereur Maximin Ier le Thrace ou Goliath.

Dans le deuxième chapitre, Medical Freaks, il est question de curiosités médicales telles que John Merrick alias Elephant Man, Carl Herman Unthan que son absence de bras n’empêcha pas de devenir un remarquable violoniste et prestidigitateur ainsi qu’un cavalier émérite, entre autres talents.

Sans oublier, bien sûr, les frères siamois, à commencer par Chang et Eng auxquels ils doivent justement cette appellation.

Vient ensuite un troisième chapitre, P.T. Barnum’s Freaks, consacré, comme son nom l’indique, à celui sans qui aucun ouvrage sur le sujet ne serait complet: Phineas Taylor Barnum. On y trouve des biographies du célèbre entrepreneur de spectacles et de plusieurs de ses phénomènes: la femme à barbe Clofullia, l’homme à tête de chien Jo-Jo, le gigantesque éléphant Jumbo, les nains Lavinia Warren, Tom Thumb, Commodore Nutt et leur triangle amoureux, sans oublier leur exacte opposée, la géante Anna Shannon.

Suit un quatrième chapitre consacré au Golden Age of Freaks et aux foires aux monstres, notamment le « 10 en 1 » qui permettait, pour une entrée au prix modique, de parcourir une tente où se trouvaient une dizaine de phénomènes vendant des souvenirs à des prix de moins en moins modiques.

On y trouve aussi des récits consacrés aux squelettes humains (dont l’auteur se demande si les top models ne seraient pas la version féminine), aux charmeurs de serpents et aux geeks. Et non, il n’y a jamais eu de spectacles exhibant les fans de pop-culture et d’informatique comme des bêtes curieuses, le terme désignait à l’époque des personnes attrapant des animaux pour les dévorer vivants!

On y parle même de puces savantes et de leur dressage pour le moins fantaisiste.

Le chapitre 5, Bearded Beauties and Tattooed Men, parle, comme son nom l’indique, de femmes à barbe et d’hommes tatoués. Et je ne parle pas d’un simple cœur réalisé chez le tatoueur du coin!

Le 6eme, Lives of the Freaks, compile les biographies de phénomènes célèbres: l’énorme Baby Ruth, l’étrange Zip, les siamoises Violet et Daisy Hilton, l’auto-stigmatisé Mortado, le gigantesque Robert Pershing Wadlow et Grady Stiles Jr alias Lobster Boy, moins terrifiant pour sa malformation qui lui avait donné des mains et pieds en forme de pinces que pour sa personnalité de brutal père de famille meurtrier du fiancé de sa fille qui finira abattu par un voisin engagé par son beau-fils. Ils devaient être sympas, les repas de famille chez les Stiles!

Grady Jr constitue cependant une exception dans cet ouvrage ou les personnes « normales » sont souvent plus monstrueuses que les phénomènes qu’elles exploitent, à commencer par ceux qui infligeaient les pires sévices à des enfants pour en faire des nains ou des femmes à très petits pieds.

Sans oublier Theodore Lent qui n’hésita pas à faire embaumer son épouse Julia Pastrana, « la femme la plus laide du monde », et leur enfant pour pouvoir continuer à les exhiber, ou les parents adoptifs des sœurs Hilton qui les maltraitèrent et exploitèrent pendant des années. Heureusement pour la morale, le karma finit par venir toquer à la porte de ces trois abominables: Lent se remaria avec une femme au physique similaire avec l’intention de l’exhiber elle-aussi mais il finit interné en Russie tandis que sa seconde épouse vécu heureuse grâce à sa fortune. Quant aux beaux-parents des Hilton, ils furent trahis par l’avocat qu’ils avaient eux-mêmes engagés quand ce dernier découvrit la façon dont ils traitaient les siamoises. Pas de chance pour eux, ils étaient tombés sur un autre phénomène: un avocat avec une éthique!

Une éthique qui fait cruellement défauts aux personnes présentes dans le chapitre 7, Grifts, puisqu’il est consacré aux arnaques telles que le Géant de Cardiff, les faux phénomènes créés par maquillage ou par automutilation, sans oublier, bien sûr, les arnaques des montreurs de foire et les astuces pour faire paraître les nains encore plus petits et les géants encore plus grands.

Enfin, le dernier chapitre, Past, Present, and Future Freaks, comporte un récit consacré au réalisateur Tod Browning et à son film Freaks …

Un deuxième qui nous démontre que, selon les âges de notre vie, nous sommes tous des phénomènes pour les autres …

Et un troisième imaginant un futur où les spectacles de phénomènes intègrent des aliens parfaitement normaux sur leurs mondes d’origine.

La collection Big Book nous gratifie donc à nouveau d’un excellent ouvrage compilant des récits passionnants qui nous amènent parfois à nous demander qui sont les véritables monstres sans pour autant oublier de détendre l’atmosphère par de petites touches d’humour. Le tout illustré par des dessinateurs talentueux dont le style va du réalisme quasi-photographique (Frank Quitely) au grotesque à la limite de l’angoissant (Gahan Wilson). Ce livre commence à devenir difficile à trouver et atteint parfois des prix élevés mais ce recueil de freaks en vaut largement le fric.

Verdict?

Illustrations extraites de : The Big Book of Freaks.

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