The big book of Urban legends

Année(s) : 1994.

Auteur(s) : Robert Loren Fleming et Robert F. Boyd Jr d’après Jan Harold Brunvand (scénario), Collectif (dessins).

Catégorie : Comics – Humour, horreur.

Genre : Dessinateurs de légendes.

Format : Anthologie de 224 pages.

Note : Les extraits proviennent de la VO et les textes ont été traduits par mes soins.

Les légendes urbaines, on en connait tous au moins une. Même que c’est vraiment arrivé à un de nos proches… enfin, à un proche de quelqu’un qui l’a raconté au cousin par alliance du plombier d’un de nos proches, mais c’est quand même vraiment arrivé!

Et inutile d’arborer l’air blasé du petit malin à qui on ne la fait pas, on a tous sérieusement cru à au moins une d’entre elles. Moi-même, j’ai longtemps été persuadé que le jeune Niels Bohr, à qui son professeur de physique avait demandé comment mesurer la hauteur d’un immeuble à l’aide d’un baromètre, lui avait réellement proposé toute une série de réponses qui, même si aucune n’était celle attendue, étaient toutes aussi farfelues que parfaitement valables.

Il existe même des sites internet qui répertorient ces légendes et en vérifient la véracité, notamment Snopes dont une partie des articles sont justement illustrés par des images provenant du livre qui nous intéresse aujourd’hui: The big book of urban legends, édité par Paradox Press (une filiale de DC) en 1994 et lauréat du Eisner Award de la meilleure anthologie l’année suivante. Il repose sur un principe très simple: adapter plusieurs légendes urbaines sous forme de courts récits réalisés chacun par un dessinateur différent sur des scenarii écrits par Robert Loren Fleming et Robert F. Boyd Jr à partir d’ouvrages de référence écrits par Jan Harold Brunvand qui signe d’ailleurs l’introduction du livre et apparaît même comme narrateur dans un des récits.

D’ailleurs, afin de rappeler le côté « transmission orale » des légendes urbaines, bon nombre des récits font intervenir un narrateur qui, dans certains cas, sera également un des principaux protagonistes.

La plupart des histoires tiennent sur une seule page, mais trois d’entre elles sont des doubles-pages compilant plusieurs légendes ayant un thème commun. Ainsi, The wonder of gas (Hilary Barta) regroupe des légendes à base de gaz narrées par un scientifique qui ne manque pas d’air.

Just say no! (John Estes) est consacré à celles sur la drogue.

Enfin, Exam scams (Shary Flenniken) dresse une liste de différentes méthodes de triche que je ne vous conseille pas d’essayer car elles n’auraient aucune chance de réussir dans la réalité, à moins de tomber sur un prof particulièrement con (ce qui est peu probable, étant donné que j’ai quitté l’enseignement en 1999).

Les histoires sont réparties entre 8 chapitres correspondant chacun à un thème particulier. Le premier, Moving violation, regroupe les légendes relatives aux voitures.

Le deuxième, Wild kingdom, celles faisant intervenir des animaux, qu’il s’agisse d’un rat d’égout mexicain confondu avec un chien ou d’alligators albinos vivant dans les égouts.

Le troisième, Campfire classics, les légendes horrifiques que les jeunes adorent se raconter le soir, à la lueur  d’un feu de camp ou d’une torche.

Le quatrième, Comic calamities, les accidents aussi hilarants que complètement inventés qui vous fourniront une vaste source d’inspiration pour vous faire porter pâles.

Le cinquième, Caught in the act, les légendes salaces vertes et pas mures.

Le sixième, Crimes and misdemeanors, les légendes criminelles où le crime ne paie pas de mine.

Le septième, Occupational hazards, les légendes en rapport avec le monde professionnel, allant des mésaventures de pilotes de ligne aux bavures administratives, en passant par les grandes marques, comme Coca Cola dont un consommateur aurait trouvé une souris morte dans une de leurs bouteilles.

Enfin, le huitième, Foaf-o-rama, les légendes concernant le milieu scolaire et les célébrités.

Le problème de ce classement thématique, c’est que de nombreuses légendes sont à cheval sur plusieurs catégories et tenter de les classer correctement aboutit rapidement à un véritable sac de nœuds.

Par exemple, la légende de l’autostoppeuse fantôme est rangée dans la catégorie « automobile » mais n’aurait-elle pas été plus à sa place dans la section « horreur »? Inversement, la jeune fille qui se retrouve enceinte malgré elle d’un poulpe (Prometheus n’a rien inventé) est classée dans la catégorie « horreur » alors qu’elle appartient plutôt au genre « animal ».

L’exercice de style consistant à adapter ces légendes urbaines permet aux auteurs de nous offrir des récits de genres variés, certains hilarants comme cette bonne sœur qui tente d’expliquer à la police que sa voiture a été accidentée par un éléphant en oubliant de préciser qu’elle revient d’un zoo.

Et d’autres franchement horribles comme cette mère qui menace son petit dernier de « le lui couper » au prochain « accident » sans se douter que sa fille va la prendre au mot.

Graphiquement aussi, on a droit à une grande variété de styles allant du dessin humoristique d’un Fred Hembeck (The unzipped mechanic):

Au réalisme d’un Richard Piers Rayner (Another vanishing hitchhiker):

En passant par le style plus indéfinissable d’un Keith Giffen (The fart in the dark):

Bien sûr, étant donné l’aréopage d’artistes impliqués, il faut s’attendre à croiser de véritables légendes comme Joe Orlando (The nude housewife):

Ou Arthur Adams (The spider in the hairdo):

Mais aussi des petits jeunes qui ont fait du chemin par la suite, comme Frank Quitely (The choking doberman):

Phil Jimenez (Baby gets the chair):

Tim Sale (The cat and the nude man):

Ou Ted Naifeh (Gnome come home):

Réunissant près de 200 légendes urbaines mises en images par autant de dessinateurs plus ou moins connus mais tous talentueux dans des récits alternant entre l’hilarant et le terrifiant, The big book of urban legends est un ouvrage de référence qui séduira aussi bien l’aficionado du genre que le simple amateur de récits courts mais efficaces. En tout cas, c’est ce qu’on m’a dit. Je ne l’ai pas lu moi-même, mais je connais quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui l’a lu. C’est donc forcément vrai, j’en mettrais ma main au feu!
Verdict?

Illustrations extraites de : The big book of urban legends, Gaston Lagaffe.

Un commentaire

  • Toujours intéressant,tes critiques.

    Certaines légendes urbaines s’inspirent parfois de faits-divers.

    Cf Cracked qui en parle dans certains articles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *