Zagazik – 01 – Un terme aux piles!

Année(s) : 1980

Auteur(s) : Crespin (Scénario), Jo-El Azara (Dessins)

Catégorie : Franco-belge – Humour

Genre : This! Is! Spartaaaaaaaaa!

Format : Album publié dans Spirou 2209 à 2219 (recueils 158 et 159).

Si, comme moi, vous êtes assez vieux pour avoir connu les années 90, vous vous souvenez certainement d’une série culte de cette décennie, Code Quantum, dont le héros, Sam Beckett, était projeté à chaque épisode à une époque différente où il restait bloqué jusqu’à ce qu’il modifie un certain événement, espérant à chaque fois que le saut temporel suivant le ramènerait dans le présent. Ses voyages se limitaient à l’histoire récente des Etats-Unis et il ne modifiait jamais des événements historiques mais plutôt le destin de personnes anonymes. N’avez-vous donc jamais rêvé d’un épisode où Sam se serait retrouvé dans un passé lointain où il aurait participé à un événement historique majeur? Hé bien, ne rêvez plus car une telle aventure (intitulée Un terme aux piles!) est arrivée à un certain Zagazik en 1980… ou plutôt en -482!

Avec sa guitare, ses cheveux longs coiffés d’un chapeau orné d’un papillon, sa boucle de ceinture « peace and love », sa fleur à la bouche et sa barbe d’une semaine, Zagazik ne cache pas sa nature de baba cool. Et en bon baba cool, il se rend en pèlerinage à la cité mythique de Kathmndu (ce n’est pas une faute de frappe, c’est écrit comme ça dans le livre). Las! Il constate à son arrivée que la ville n’est plus qu’un vulgaire site touristique.

Dépité, il est abordé par le gourou Ramavishnou qui l’encourage à se concentrer afin d’utiliser « la puissance de l’esprit » pour se téléporter vers l’endroit de ses rêves. Zagazik tente l’expérience, sans se douter que Ramavishnou n’est qu’un charlatan.

Sauf que dans le cas de Zagazik, ça fonctionne. Sauf peut-être pour ce qui est de la destination. A moins, bien sûr, que « l’endroit de ses rêves » ne soit la Perse de l’an 482 av J.C, mais j’en doute.

Bien vite et malgré lui, Zagazik est promu conseiller du roi Xerxès alors que ce dernier est sur le point de se lancer à la conquête de la Grèce. Notre héros se retrouve alors dans une situation pour le moins compliquée puisqu’il doit aider le tyran dans son entreprise tout en faisant en sorte qu’il échoue afin de ne pas modifier le cours de l’histoire.

Situation d’autant plus délicate que Xerxès a la fâcheuse habitude de faire exécuter ses hommes à la moindre contrariété, à la grande joie de son bourreau dont la seule idée qu’il a en tête est de couper celles des autres.

Zagazik tente bien à plusieurs reprises de refaire appel à la puissance de l’esprit pour regagner son époque mais il reste coincé en -482, ne réussissant qu’à changer d’endroit. Ce qui est déjà bien utile quand on est sur le point d’être décapité.

Et donc, contraint et forcé, Zagazik est bien obligé de vivre les grandes heures de cette invasion, notamment le mythique affrontement contre Leonidas… dont on se demande à quoi pouvaient bien lui servir ses 300 Spartiates quand on le voit en action!

Ou encore le siège de Mycènes. D’ailleurs, assez curieusement, l’histoire n’a pas retenu que les Perses avaient tenté de s’y introduire en se cachant à l’intérieur d’un cheval en bois. Sans doute parce que ça avait déjà été fait avant.

Et enfin, la bataille navale de Salamine où Xerxès est finalement défait, en grande partie parce que Zagazik y a inventé le syndicalisme.

Sa tâche en -482 finalement accomplie, Zagazik peut enfin retourner à son époque où il coulera des jours heureux jusqu’en 1982 où ses auteurs lui feront vivre une nouvelle aventure intitulée Les Tsars dinent à l’huile. Malheureusement, il est extrêmement difficile de se procurer ce deuxième épisode. Comme le premier, il fut publiée dans Spirou (numéros 2317 à 2338) sans être repris en album, mais en plus, il ne figure pas dans les recueils réunissant les anciens numéros du magazine. En effet, à partir du recueil 166 (et du numéro 2308), ils sont fabriqués à partir de l’édition belge du magazine à laquelle manquent plusieurs séries de l’édition française, dont Zagazik. En clair, alors que les recueils sont facilement trouvables chez des bouquinistes, il vous faudra rechercher les fascicules originaux pour lire cette histoire. Le tout en faisant attention à bien acheter l’édition française du magazine. A moins d’avoir vraiment beaucoup de chance, une telle entreprise est plus que probablement vouée à la bérézina.

Mais pour l’heure, concentrons-nous sur cette première aventure signée Crespin pour le scénario et Jo-El Azara pour les dessins. Les deux compères se font clairement plaisir en multipliant les bons mots et les anachronismes (la pythie qui vient en mangeant et lit l’avenir dans les manuels d’histoire, par exemple) tout en faisant référence à des faits historiques… parfois plus loufoques que les faits fictifs!

Evidemment, à trop vouloir caser un maximum de bons mots par case, les auteurs aboutissent à un panachage ou l’hilarant côtoie le passable, voire le navrant. Et si certains anachronismes sont drôles et bien vus, d’autres sont clairement involontaires comme lorsque Zagazik et Xerxès croisent le chemin d’un autre personnage historique… 126 ans avant sa naissance!

Dans un registre similaire, le scénario ne se hisse peut-être pas à la hauteur d’un Astérix ou d’un Iznogoud mais atteint quand même un niveau honorable. On rit souvent, on sourit le reste du temps et le concept de base de ce Code Quantum avant l’heure était riche de potentiel. Il est donc dommage que cette série prometteuse soit passée relativement inaperçue faute d’une exploitation en album. Mieux mis en valeur, Zagazik aurait pu connaître de nombreuses aventures au lieu de rester piégé dans les limbes de l’oubli.

Verdict?

Illustrations extraites de : Zagazik, Ghostbuster Kurenai.

2 commentaires

  • Si je puis me permettre, j’ai la seconde aventure de Zagazik dans mes recueils Spirou (les 166 et 167 a priori). Ce sont des albums que j’ai achetés à l’époque de leur sortie.
    Peut-être une histoire de zone de diffusion ?…

  • @ Marcel: Il faut croire, en effet. Merci pour cette précision.

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