Reiko the zombie shop – 02 – Lirka Himezono

Titre original : Zombie-ya Reiko (Marchande de zombies Reiko).

Année(s) : 2000 (Parution française en 2007)

Auteur(s) : Rei Mikamoto.

Catégorie : Manga – Action, Horreur.

Genre : Zombistes contre zombistes.

Format : Tomes 2 et 3 compilant les épisodes 7 à 16 de la série.

Note : Comme il s’agit d’un manga, les dialogues des extraits sont à lire de droite à gauche.

A l’issue du premier tome de ses aventures, tout ce qui restait de Reiko après son combat contre la tueuse en série Saki Yurikawa était une tête décapitée et on aurait pu penser que Rei Mikamoto avait l’intention d’en rester là. Il allait pourtant rapidement ramener son héroïne à la vie tout en changeant la formule de la série, abandonnant les courts récits indépendants pour une saga en plusieurs chapitre opposant Reiko à son pendant maléfique Lirka dans un duel sans merci. Que la guerre des zombistes commence!

Qu’est-ce qu’un zombiste, me demandez-vous? Tout simplement une personne capable d’invoquer un zombie doté d’une arme ou d’un pouvoir caractéristique pour combattre à ses côtés. Ils sont d’ailleurs faciles à repérer puisqu’ils portent tous une marque de naissance en forme de pentacle. Reiko est un cas particulier puisqu’en plus d’être une zombiste, elle a hérité de son père le pouvoir de ramener les morts à la vie. Un pouvoir qu’elle partage avec sa sœur Lirka (étant nées un 6 juin, elles sont à la fois jumelles et gémeaux). Déjà peu fréquentable étant enfant…

… cette dernière ne s’est vraiment pas arrangée avec l’âge puisqu’elle s’est mise en tête de se constituer une armée de zombistes pour l’assister dans son funeste projet: exterminer 99% de l’humanité pour en faire des zombies à son service.

Evidemment, certains zombistes ne partagent pas ces ambitions et forment un groupe de résistance. Parmi eux se trouve Rudô Mishima qui contrôle un chevalier zombie et Yûki Tôdô qui commande un desperado zombie. Derrière sa façade de boute-en-train, Yûki ne s’est jamais pardonné d’être indirectement responsable de l’accident qui a coûté l’usage de ses jambes à sa sœur Mayo.

Ne vous fiez cependant pas aux apparences: même si Mayo est la plus chétive et la moins belliqueuse du groupe, c’est elle qui contrôle le plus puissant zombie: un aviateur de la Seconde Guerre Mondiale qui apparaît sur le champ de bataille aux commandes de son Spitfire. Quant au zombie le plus faible, il est au service du dernier membre de l’équipe, Ryôka Amano. Au grand désespoir de cette dernière, d’ailleurs.

Ces rebelles veulent récupérer la tête zombifiée de Reiko afin de l’enrôler dans leur croisade, tandis que le camp adverse veut la détruire définitivement, ce qui aboutit à un affrontement au cours duquel Ryôka est décapitée, permettant à la tête de Reiko de se fixer à son corps et de revenir à la vie. C’est d’ailleurs à partir de ce moment qu’elle portera en permanence un foulard ou un tour de cou pour cacher sa cicatrice.

Conséquence inattendue: le cœur de Ryôka étant encore en activité à ce moment, Reiko n’est plus une zombie mais est bel et bien revenue à la vie. Sachant cela, son intention est d’utiliser la même méthode pour rendre son corps à Ryôka sitôt sa mission accomplie, mais le scénariste trouvera un moyen de se débarrasser de la tête de celle-ci d’une façon qui aura le mérite de ne pas arriver comme un cheveu dans la soupe. Entretemps, ladite tête aura quand même l’occasion de faire un retour remarqué pour aider ses compagnons.

En cours de route, les rebelles recrutent un dernier membre: l’ultra-badass Jusmin Mendoza qui, du haut de ses 16 ans, gagne sa vie comme mercenaire zombiste louant ses services au plus offrant. Assez frappadingue à ses débuts (La première chose qu’elle fait en proposant aux sbires de Lirka de la recruter est de tuer l’un d’eux pour augmenter sa part potentielle), elle s’assagira rapidement pour devenir un personnage incontournable de la série et la meilleure amie de Reiko.

Il faut dire aussi que ces deux zombistes de charme partagent le même goût immodéré pour l’argent et les glaces rhum-raisin, ainsi qu’un certain sens des affaires. La preuve: afin de pouvoir s’offrir les services exorbitants de Jusmin, Reiko s’arrange pour la placer dans un indépétrable pétrin pour ensuite lui sauver la vie contre 10 millions de yens.

Jusmin est d’ailleurs la première amie de Reiko à s’inscrire dans la durée. Aucun de leurs compagnons ne terminera l’aventure vivant, tandis qu’Azusa et Emiko, deux amies introduites dans le premier tome, connaissent un sort bien cruel: Reiko est obligée de sacrifier Azusa, contrôlée par un sbire de Lirka l’obligeant à massacrer élèves et professeurs de son école, et son amitié avec Emiko ne s’en remettra pas.

Il faut dire que le bodycount est particulièrement élevé dans ce second cycle riche en action où les affrontements entre zombistes et zombies se multiplient (mention spéciale pour le sbire de Lirka qui se prend une balle dans la tête après seulement 6 pages de présence et dont les dernières paroles sont: « Sérieux? Déjà? »). C’est d’ailleurs l’occasion pour Mikamoto de se lâcher au niveau du character design en donnant à Lirka des sbires tous plus cinglés et sadiques les uns que les autres et possédant chacun un look unique.

Mais le mieux, ce sont les zombies. Si certains ont un aspect relativement humain, on trouve aussi des animaux (dont un anaconda géant capable de grignoter un car entier) et des chimères cauchemardesques telles que ce médecin et son assistante reliés entre eux par une machine improbable.

Ou les Caméléons, des zombies polymorphes qui se dissimulent sous une apparence humaine.

Ou la Sainte Veillée, créature gigantesque formée d’un agrégat de zombies au service de Lirka.

Ou encore, heu… ÇA:

Ce qui me fait penser que je ne vous ai pas encore parlé du zombie que contrôle Reiko: notre vieille connaissance Saki Yurikawa! Elle est d’ailleurs la seule zombie à avoir figure humaine, les autres étant des monstres improbables ou des humains en état de décomposition plus ou moins avancée. C’est d’autant plus surprenant que je vous rappelle qu’après son combat contre Reiko dans le tome 1, son cadavre ressemblait plus à du potage à la tomate qu’à autre chose. De toute façon, ce sera une constante dans la série: quelles que soient les mutilations que Saki subira au cours des combats, il ne lui faudra que quelques épisodes pour retrouver son apparence originale. Quelque chose me dit que Mikamoto ne voulait pas se priver du plaisir de dessiner une combattante pulpeuse de plus.

Car entre les poitrines de plus en plus démesurées et les plans petit-bateau, l’auteur commence à développer son penchant immodéré pour le fanservice, mais ses personnages féminins sont tellement badass qu’on lui pardonne. Mikamoto serait-il un féministe qui s’ignore? En tout cas, ses héroïnes sont autant des bombes que de la dynamite!

Si l’essentiel de ces deux tomes est consacré à l’affrontement entre Reiko et Lirka, on y trouve quatre récits supplémentaires dont seul le premier concerne Reiko: un whodunit horrifique dans lequel elle se rend en Hongrie pour enquêter sur une série de meurtres de lycéennes commis par…

Un serial killer… déguisé en loup-garou… en uniforme allemand?

Le deuxième, Inspection capillaire massacre, est une œuvre de jeunesse de l’auteur dans laquelle Hanada, une enseignante défigurée dans un accident survenu lors d’une inspection capillaire, assassine les trois élèves qu’elle rend responsable de son état pour ensuite utiliser leurs scalps comme perruques. L’histoire se laisse lire mais reste un slasher assez basique qui ne s’embarrasse guère de vraisemblance et où le graphisme de Mikamoto est nettement moins maîtrisé.

Une petite seconde? Elle s’appelle Hanada? Comme Nami Hanada qui est la doublure de Rina Akiyama incarnant Reiko dans la troisième adaptation live du manga où elle affronte un loup-garou (sans uniforme allemand) dont elle triomphe en utilisant la même méthode que contre l’anaconda géant mentionné plus haut? Tout se recoupe! Mais qu’est-ce que je raconte, moi?

Le troisième, La sœur en moi, est consacré à la difficile cohabitation entre une adolescente et sa sœur siamoise.

Un récit horrifique plutôt réussi malgré une case involontairement comique où ladite sœur se met à hurler de rage alors que l’héroïne s’apprêtait à embrasser un garçon.

Sérieusement, cette image est un véritable appel au détournement nous suppliant d’ajouter une réplique du genre:

Enfin, le quatrième, Paradise City, met en scène Mitsuko, une enfant vivant cloîtrée chez elle pour des raisons de santé et qui s’occupe en construisant des villes miniatures peuplées de personnages en pâte à modeler. Mais quand sa sœur décide de la taquiner en y ajoutant un tueur armé d’un couteau, un vrai tueur vient sonner à la porte de leur maison.

De manière surprenante en regard de ce qui précède, ce dernier récit est assez gentillet: il ne comporte ni gore, ni violence et les deux sœurs se débarrassent du tueur sans même avoir été consciente du danger. Mais rassurez-vous: Mikamoto retrouvera ses bonnes vieilles habitudes dans le tome suivant. Mais ceci est une autre histoire…

Dans ce deuxième arc, Rei Mikamoto développe la mythologie de sa série tout en délaissant les récits à chute pour mieux se concentrer sur une saga riche en action non-stop où le suspense est d’autant plus intense que le lecteur comprend rapidement qu’à part Reiko (et encore, rappelez-vous comment finissait le tome1!), les personnages principaux ne s’en sortiront pas forcément indemnes. Le scénario n’oublie heureusement pas de détendre l’atmosphère avec une solide dose d’humour, noir ou décalé, et les savoureuses punchlines de Reiko et Jusmin. Evidemment, ce changement de formule ne plaira pas à tous les lecteurs et les nostalgiques des premiers épisodes objecteront que Reiko prend une orientation nettement plus « série B d’horreur » mais on ne pourra pas nier que la qualité reste au rendez-vous et que l’auteur sait y faire pour opposer à Reiko et Jusmin des ennemis aussi délirants que redoutables. La marchande de zombies et la mercenaire de charme ont donc intérêt à rester sur leurs gardes, car qui sait ce qu’il leur réserve pour leurs prochaines aventures?

Verdict?

Illustrations extraites de : Reiko the zombie shop, Fire Leon, Ghostbuster Kurenai, Uramiya honpo.

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