Reiko The Zombie Shop – 01 – La tueuse de Shiraike

Titre original : Zombie-ya Reiko (Marchande de zombies Reiko).

Années : 1998-1999

Auteurs : Rei Mikamoto.

Catégorie : Manga – Horreur.

Genre : A en réveiller les morts.

Format : Tome 1 compilant les épisodes 1 à 6 de la série.

S’il n’est pas rare que des étudiants ou lycéens exercent une activité professionnelle pour arrondir leur argent de poche entre deux cours, bien peu exercent le métier de Reiko Himezono. L’héroïne de REIKO THE ZOMBIE SHOP, manga créé en 1998 par Rei Mikamoto pour le magazine Horaa M (« horaa » est l’écriture japonaise du mot anglais « horror »), gagne en effet sa vie en tant que marchande de zombies (ne dites pas « nécromancienne », elle déteste ça).

En quoi consiste ce métier? C’est très simple: en échange d’une solide rémunération en espèces sonnantes et trébuchantes (ou en glaces rhum-raisin, ça marche aussi), Reiko peut ramener un cadavre à la vie pour une période plus ou moins longue. Ses tarifs sont assez variables, puisque calculés en fonction des moyens de ses clients, mais toujours très élevés. C’est qu’elle est vénale, la petite!

On trouve de tout parmi ses clients: une mère qui veut connaître les raisons du suicide de sa fille…

… des lycéennes qui s’accusent mutuellement du meurtre de leur camarade et souhaiteraient entendre la version de la victime…

… un professeur qui veut recréer par clonage une de ses élèves dont il était obsédé au point de l’avoir poussée au suicide…

… une rockstar condamné par la maladie qui veut être certain de mener son ultime concert à terme même s’il devait succomber entretemps …

… des criminels en fuite dont l’un a commis l’erreur de descendre le pilote de l’avion dans lequel ils s’étaient réfugiés (ce qui n’aurait pas été trop grave s’il ne l’avait pas fait APRES le décollage)…

… ou quelqu’un ayant besoin d’une zombie pour nettoyer sa terrasse.

Ah oui, pardon. Pour en revenir au fonctionnement des pouvoirs de Reiko, canalisés par la marque de naissance en forme de pentagramme sur sa paume gauche, là-aussi, c’est très simple: il lui suffit de réciter l’incantation suivante:

… pour aussitôt ramener à la vie tous les cadavres se trouvant à portée de voix. Ce qui implique deux inconvénients: d’une part, Reiko a tout intérêt à bien mâcher ses aliments et/ou privilégier un régime végétarien.

Et d’autre part, mieux vaut s’assurer qu’il n’y a pas d’autre cadavre caché dans les environs (ou même un portable allumé, on ne sait jamais).

Chacun des six épisodes regroupés dans ce premier tome raconte une histoire indépendante et autoconclusive dans laquelle Reiko accepte un contrat qui ne se déroule pas comme prévu, le scénariste prenant un malin plaisir à multiplier les rebondissements inattendus. Niveau dessin, Rei Mikamoto a beau être à l’époque un débutant travaillant sans assistant, il fait déjà preuve d’une certaine maîtrise graphique et narrative. Et il se fait clairement plaisir avec les séquences gores et des zombies cauchemardesques à souhait.

Encore que, dans certains cas, ses personnages humains sont encore plus flippants que les zombies.

On notera également une certaine évolution graphique de son héroïne dont le physique très longiligne dans les premières pages s’arrondit au fil des épisodes. Reiko conserve cependant des mensurations raisonnables, Mikamoto n’ayant pas encore développé son obsession pour les poitrines démesurées qui deviendra une véritable marque de fabrique à mesure que la série progressera, mais nous n’en sommes pas encore là.

En plus des six premiers épisodes de REIKO THE ZOMBIE SHOP, ce premier tome comprend également deux courts récits réalisés à la même époque par Rei Mikamoto et également publiés dans Horaa M: DEATH SISTER et DEAD SISTER. Le premier met en scène Saki Yurikawa, une lycéenne de Shiraike qui invite un camarade de classe et sa petite sœur à passer l’après-midi chez elle.

Sachant que la ville de Shiraike est depuis peu le théâtre d’une série de meurtres de fillettes, le lecteur se doute que le trio devra faire face tôt ou tard au mystérieux tueur d’enfants. En revanche, il ne s’attend vraiment pas à ce que ce dernier se révèle être… Yurikawa elle-même, qui était pourtant présentée tout le long comme un personnage positif et l’héroïne du récit.

Ceci dit, ses invités auraient quand même dû avoir des soupçons en découvrant qu’elle habitait à Amityville.

Dans DEAD SISTER, qui est la suite directe de DEATH SISTER, Junko Kamikui, une journaliste brièvement croisée dans l’histoire précédente, découvre que Yurikawa est la tueuse que tout le monde recherche. Mais au lieu de transmettre ses preuves à la police, cette opportuniste préfère les garder pour elle afin de réaliser le scoop du siècle.

Une ambition professionnelle qui lui coûtera cher puisque Yurikawa prend sa fille en otage et menace de la tuer si elle ne lui remet pas ses preuves dans les dix minutes. Malheureusement, même avec cinq minutes d’avance, Junko arrivera trop tard pour sauver sa fille, la patience n’étant pas la vertu principale de Yurikawa.

On pourrait croire que ces deux récits, excellents au demeurant, ne sont là que pour faire du remplissage, jusqu’à ce qu’on lise le sixième épisode de REIKO dans lequel la police de Shiraike fait appel à ses services pour ressusciter et interroger Miyuki, une des jeunes victimes de Yurikawa. Et comme la tueuse en série se trouve justement dans les parages au moment où sa victime revient à la vie, l’enquête est bouclée encore plus rapidement que prévu.

Par contre, l’arrestation, c’est une autre paire de manche: démasquée, Yurikawa se lance dans un véritable carnage et tue plusieurs policiers… ainsi que Reiko.

Mais Reiko est une personne prévoyante et avant de mourir, elle a le temps d’activer un dictaphone contenant un enregistrement de sa propre incantation, lui permettant de se ressusciter elle-même (mais pas Miyuki dont le corps, revenu à la mort entretemps, devrait pourtant être juste à côté d’elle). Malheureusement, même zombifiée, Reiko n’est pas de taille contre cette folle furieuse de Yurikawa et elle termine le combat très, très, très, très, très, très, très diminuée.

Mais même réduite à l’état de tête décapitée, Reiko a encore une bouche pour prononcer ses incantations. Encore que, sans poumons, elle devrait juste pouvoir remuer les lèvres sans émettre le moindre son, si jeune et déjà m’abuse? C’est en tout cas ce qu’affirme notre experte médicale.

Ce à quoi notre autre experte lui répond:

Bon, admettons. Reiko utilise donc ses pouvoirs pour faire apparaître toutes les victimes de Yurikawa en version zombifiés et cela se termine par un bain de sang. Au sens propre (Enfin, quand je dis « propre »…) car tout ce qu’il reste de Yurikawa après ça, c’est une mare de sang à la surface de laquelle flotte la tête de Reiko, définitivement morte.

Définitivement? Alors que la série comporte encore 10 autres volumes? A mon avis, l’auteur va trouver une astuce pour la ramener à la vie. Mais ceci est une autre histoire…

Ce premier tome des aventures de Reiko Himezono compile huit courts récits autoconclusifs riches en humour noir et qui surprennent souvent le lecteur par leurs rebondissements astucieux dont le moins audacieux n’est certainement pas le fait de conclure ce premier tome par la mort de l’héroïne. Inutile de vous dire qu’avec un tel cliffhanger, les fans de la belle marchande de zombie attendirent le tome 2 de ses aventures avec impatience!

Verdict?

Images extraites de : Reiko the zombie shop, Bionic Force, Bit Bullet, Miss Zombie, Rash!!, Le Visiteur du futur.

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