Reiko The Zombie Shop – 06 – Camilla Esteban

Titre original : Zombie-ya Reiko (Marchande de zombies Reiko).

Année(s) : 2003-2004 (Parution française en 2008)

Auteur(s) : Rei Mikamoto.

Catégorie : Manga – Action, Horreur.

Genre : Ongles réincarnés.

Format : Episodes 42 à 58 (Tomes 9 à 11).

Disponibilité : Bien qu’épuisés, les albums peuvent se trouver d’occasion sur Amazon mais à des prix parfois prohibitifs.

Note : Comme il s’agit d’un manga, les dialogues des extraits sont à lire de droite à gauche.

Même les meilleurs choses ont une fin. C’est ainsi qu’après près de 6 années de bons et loyaux services dans les pages du magazine horrifique Horror M, Reiko Himezono allait tirer sa révérence en 2004. Et histoire de terminer la série en beauté, son créateur Rei Mikamoto allait lui opposer son adversaire la plus redoutable en la personne de la sorcière Camilla.

Camilla Esteban était une riche aristocrate du Xeme siècle entourée de nombreuses servantes dont aucune ne l’égalait en beauté … pour la bonne raison qu’elle les avait toutes défigurées, ayant elle-même un look à la Harvey Dent (et un œil de traviole qui préfigure Nero de Bloody Delinquent Girl Chainsaw, une autre série de Mikamoto).

Versée dans la magie noire et les sacrifices humains, elle fut finalement exécutée pour ses crimes mais elle eut le temps d’emprisonner son âme dans un médaillon appelé le Joyau de la Sorcière et depuis, quiconque voit ce bijou éprouve aussitôt le besoin de s’en emparer, permettant à Camilla de se réincarner dans son corps.

Un certain Alfred Clayman réussit cependant à la tuer, se crevant les yeux aussitôt après pour résister au pouvoir du joyau qui fut ensuite précautionneusement protégé par sa famille de génération en génération jusqu’à nos jours.

Jusqu’à nos jours où des cambrioleurs le volent avec d’autres bijoux de la famille Clayman et que l’une des voleuses, Sarah Jakobsky, devient ainsi la réincarnation de Camilla et tue froidement un des protecteurs du joyau, Wallace Clayman, un combattant pourtant redoutable échappé du carnaval de Venise.

Sa sœur Suzy fait alors appel à divers chasseurs de primes pour l’éliminer et récupérer le joyau. Vous vous en doutez, Reiko et Jusmin en font partie, par l’appât du gain alléchées, Suzy ayant promis en cas de réussite 50 millions de dollars à partager entre les survivants et une prime forfaitaire de 300 000 dollars à chaque ayant-droit des défunts.

Dites, c’est moi ou entre sa tenue et sa pose, Jusmin se croit dans JoJo’s Bizarre Adventure? Enfin, passons! La chasse au trésor ne va pas être de tout repos, et pas seulement à cause de la difficulté de devoir s’emparer du Joyau de la Sorcière sans le regarder sous peine de devenir le nouveau réceptacle de l’âme de Camilla. En effet, dans ce joli panier de crabes, il y en a beaucoup qui ne sont pas très partageurs et seraient prêts à éliminer leurs concurrents à la première occasion afin de grossir leur part de récompense, la pire du groupe étant Sally Burns, une zombiste contrôlant un essaim d’insectes zombies projetant de l’acide sur ses adversaires (Mais où Mikamoto va-t-il chercher ses idées?).

Et c’est sans parler de Leonardo, obsédé sexuel viré du groupe à cause de Reiko pour avoir harcelé une de ses consœurs et qui la suit pour se venger (et éventuellement se la taper sans se faire taper dessus).

Bref, entre deux entretuages de chasseurs de prime trahissant leurs confrères ou possédés par Camilla, l’âme de celle-ci passe de corps en corps et finit par occuper celui de Jusmin, au grand désespoir de Reiko qui avait déjà dû sacrifier une de ses meilleures amies par le passé et refuse de revivre ça.

Bien décidée à éliminer Reiko en qui elle a reconnu la réincarnation d’une femme chevalier qui s’était autrefois opposée à elle et qu’elle n’avait vaincu que de justesse, Camilla part à la recherche des réincarnations de ses trois anciens complices. Le premier est Hagane alias Morgos, un colosse demeuré capable de matérialiser n’importe quelle arme ou machine née de son imagination.

Vient ensuite Punyo. Ne vous fiez pas à ses allures de gamine, elle ne fait pas son âge et son génie de la chimie et de la botanique lui permet de créer des potions et des plantes vivantes meurtrières.

Et enfin, la pire de tous, Himmler, une sadique passant son temps à moitié nue et balançant ses sécrétions vaginales incendiaires sur ses adversaires (Non, je n’ai rien inventé ni sorti de son contexte).

Comme vous le voyez, Reiko a de son côté battu le rappel de ses propres troupes, dont certains avec lesquels les séides de Camilla ont justement des comptes à régler: Cheehoi, devenu un chanteur à succès, Gôjin qui travaille pour son service d’ordre au même titre que Morgos qui lui reproche d’être mieux payé que lui (comme le souligne Gôjin lui-même: « Je bosse ce qu’on me paye et la boîte te paye ce que tu bosses. ») …

… Chikuro que Punyo aimerait bien supprimer car elle en pince pour Gôjin …

… et une nouvelle venue, la voyante au look de sorcière Jet Jones. Et comme c’est pratiquement le seul personnage féminin de la série à ne pas sembler sortir d’un film de Russ Meyer, certains lecteurs se sont carrément demandé si ce n’était pas un travesti, obligeant l’auteur lui-même à prendre sa défense.

Dans cette ultime saga de Reiko, le lecteur retrouve tout ce qui a fait le charme de ses précédentes aventures: les personnages hauts en couleurs, une bonne dose d’humour (les punchlines de Reiko, Morgos vaincu grâce à un manga porno, Camilla qui perd toute dignité une fois à la merci de Reiko), un suspense renforcé par le fait que l’auteur n’hésite jamais à sacrifier ses personnages, même les mieux implantés dans la série, une histoire riche en péripéties et en rebondissements, parfois bien vus (un des chasseurs de prime est en réalité Wallace déguisé, ramené à la vie par sa zombiste de sœur) mais parfois complètement nawaks comme la transformation de Reiko en Super-Saiyan, ou plutôt en High-Witch.

Et encore, dans Dragon Ball Z, la transformation de Goku en Super-Saiyan à la fin de l’arc de Freezer avait été correctement amenée alors que celle de Reiko sort complètement de nulle part, personne n’ayant jamais mentionné le nom même de High-Witch auparavant. Cette transformation constitue donc un demi-saut de requin pour la série. « Demi » car elle ne dure heureusement pas et intervient suffisamment près de la conclusion pour ne pas trop gâcher l’ensemble.

Autre défaut de ce dernier arc, le côté pervers pépère de Rei Mikamoto devient de plus en plus envahissant avec des personnages féminins de plus en plus dénudés prenant des poses de pornstars (et je rappelle que beaucoup sont censées être encore ados), Reiko qui échappe de justesse à une tentative de viol et le personnage de Himmler qui, en plus de passer son temps à poil et d’utiliser ses fluides corporels comme arme, prend son pied à torturer Suzy Clayman, retenue en ôtage par Camilla, en la forçant, entre autres, à boire son urine.

Même s’il était clairement temps que l’auteur passe à autre chose avant que la série ne parte réellement en sucette, cette ultime saga de la marchande de zombie conserve les ingrédients qui ont fait le charme de ses aventures, permettant aux lecteurs de la quitter quand même sur une bonne impression. Encore que, une des dernières scènes nous révélant que Lirka, plus barge que jamais, est devenue la reine autoproclamée des Enfers (affectueusement surnomée « la folle » par ses occupants), on n’aurait pas été contre une ultime saga dans laquelle Reiko aurait trouvé la mort avant de régler ses comptes avec sa sœur une bonne fois pour toutes (Eventuellement accompagnée de Chikuro qui est la seule personne que Lirka considère comme une amie, histoire d’ajouter un peu de piquant à l’histoire!).

Verdict?

Illustrations extraites de : Cutie Honey, Reiko the zombie shop.

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