Wonder Woman 1987-1 : Wonder Woman by George Pérez – Volume 1

Année(s) : 1987-1988

Auteur(s) : George Pérez + Len Wein (scénario), George Pérez + Bruce Patterson (dessins).

Catégorie : Comics – Super-héros.

Genre : Héroïne mythique.

Format : Intégrale regroupant les épisode 1 à 14.

Note : Les extraits proviennent de la VO et les textes ont été traduits par mes soins.

Wonder Woman a ceci de paradoxal qu’elle est la plus connue des super-héroïnes alors que le grand public la connait très peu. Prenez un novice en matière de super-héros, interrogez-le sur Superman ou Batman et il n’aura aucun mal à vous sortir une multitude d’infos sur ces personnages. En revanche, interrogez-le sur Wonder Woman et dans le meilleur des cas, il vous récitera des éléments de la série avec Lynda Carter qui n’existent pas dans le comics (que Diana Prince est un agent secret qui se transforme en tournoyant sur elle-même et perd ses pouvoirs si on lui retire sa ceinture, par exemple), voire se contentera de la décrire comme « la nana qui combat les méchants en maillot de bain. » Bref, un personnage sur lequel on ne sait finalement pas grand chose.

Il faut dire aussi que contrairement à Bruce Wayne et Clark Kent dont les principales caractéristiques sont restées grosso-modo les mêmes au cours du temps, Wondy n’a cessée d’être réinventée au gré des époques et des scénaristes et ce pour la même raison pour laquelle elle avait été créée par Charles Moulton (1893-1947) alias William Moulton Marston, scénariste, psychologue et co-inventeur du détecteur de mensonge. Ce dernier voulait en effet que son héroïne soit représentative des femmes et du féminisme, un sujet dont la vision fluctue énormément selon les époques et les individus, d’où la nécessité pour Wonder Woman de s’adapter sans cesse au monde « actuel » sous peine de se démoder rapidement, à l’image de ses premières aventures, progressistes dans les années 40 mais dont on retient surtout aujourd’hui une vision désuète et idéalisée de la femme couplée à un goût prononcé pour le BDSM.

Cela explique également pourquoi la représentation de Wonder Woman fluctue autant d’un auteur à l’autre, chacun ayant sa propre vision de ce que doit être une super-héroïne féminine et féministe, quitte à être parfois complètement à côté de la plaque, à l’image de Denny O’Neil qui, dans les années 70, avait pensé que Wonder Woman serait plus représentative des femmes en général… si elle perdait ses pouvoirs et son costume pour devenir une espionne karatéka!

Et cela ne signifie pas pour autant qu’elle sera restée forcément consistante sous la plume d’un même scénariste. Ainsi, Robert Kanigher qui avait succédé à Moulton après sa mort et aura animé le destin de la sculpturale Amazone pendant pas moins de 20 années consécutives, ne s’embarrassait guère de continuité et n’hésitait pas à se contredire complètement d’un épisode à l’autre, allant jusqu’à se mettre lui-même en scène dans une de ses histoires où on le voyait convoquer une partie de ses créations pour « renvoyer » celles qu’il ne voulait plus utiliser.

À la rigueur, une partie de ces incohérences pouvaient s’expliquer par le fait que, jusqu’au milieu des années 80, il y avait deux Wonder Woman, DC situant ses personnages du Golden Age (période allant de la fin des années 30 à la fin des années 50) sur une Terre parallèle à celle où vivaient ceux du Silver Age. Mais tout cela change avec la maxi-série Crisis on infinite Earths de Marv Wolfman et George Pérez à l’issue de laquelle la Wonder Woman du Silver Age périt lors de la bataille finale contre l’Anti-Monitor…

… tandis que celle du Golden Age part vivre sur l’Olympe en compagnie de son époux Steve Trevor.

Car la principale conséquence de Crisis est la fusion des nombreuses Terres parallèles qui constituaient jusqu’à présent l’univers DC en une Terre unique dotée d’une nouvelle continuité et l’éditeur en profite pour donner de nouvelles origines, plus modernes, à leurs trois personnages phares (leurs versions précédentes n’ayant jamais existé dans cette nouvelle continuité) en en confiant le scénario à des grands noms de l’époque. Ainsi, John Byrne se charge de réinventer Superman tandis que Batman est confié à un Frank Miller pré-pétage de plombs. Quant à Wonder Woman, de manière assez ironique, le géniteur de sa nouvelle version n’est autre que le coresponsable de la mort de la précédente, George Pérez, qui assurera le scénario et le dessin avec l’aide de Len Wein pour l’écriture (pas n’importe qui puisque c’est à lui qu’on doit la création de la deuxième génération des X-Men) et de Bruce Patterson à l’encrage. Une équipe créative de qualité approuvée par la princesse Amazone elle-même!

Mais qui sont les Amazones? Une race créée par les déesses grecques et dans laquelle se sont réincarnées toutes les femmes assassinées par des hommes au cours de l’histoire. Leur mission était d’être les représentantes de l’Olympe sur Terre et d’enseigner la justice et la compassion aux hommes.

Certains d’entre vous objecteront que cela ne colle pas avec l’image de guerrières sanguinaires et misandres qu’on leur associe habituellement, mais c’est parce que celle-ci résulte de la propagande des dirigeants de la Grèce antique, mécontents de voir leur popularité et leur autorité concurrencées par des femmes, le tout amenant les Amazones à entrer en conflit avec le reste du monde et Héraclès en particulier qui parvint à les vaincre par la ruse.

Emprisonnées, brutalisées et violées par Héraclès et ses troupes, les Amazones parvinrent à s’évader mais non sans s’être vengées au passage de leurs bourreaux de manière particulièrement sanglante. Estimant qu’elles avaient échoué dans la mission qui leur avait été confiée, les déesses de l’Olympe les condamnèrent à s’exiler sur l’île de Themyscira où elles devraient garder à tout jamais un mal effroyable qui y était emprisonné.

Les siècles passent et la reine des Amazones, Hippolyte, commence à éprouver une étrange sensation. Menalippe, leur oracle, lui révèle alors qu’elle est la réincarnation de la première femme assassinée, laquelle était enceinte au moment de sa mort. Ce qu’elle ressent est donc l’appel de son enfant non-né dont l’âme attend toujours de pouvoir se réincarner. Suivant ses instructions, Hippolyte lui crée un réceptacle sous la forme d’une sculpture d’argile à l’effigie d’un nouveau-né et ainsi naît sa fille Diana qui, en grandissant, ressemblera à l’idéal que les déesses de l’Olympe avaient en tête au moment de créer les Amazones: une femme alliant beauté, force et intelligence à un profond sens de la justice et de la compassion.

Ce qui nous amène à l’époque moderne. Les Dieux de l’Olympe ont depuis longtemps perdu leur influence auprès des mortels à l’exception d’un seul, le dieu de la guerre Arès qui nourrit un projet démentiel: déclencher une nouvelle guerre mondiale afin d’accroître encore plus son pouvoir. Des conflits éclatent ainsi un peu partout dans le monde tandis que les postes clés des armées des blocs américains et soviétiques sont désormais occupés par de fervents serviteurs d’Arès, reconnaissables à leur fâcheuse tendance à la combustion humaine spontanée.

Le contexte de la guerre froide, particulièrement d’actualité au milieu des années 80, est en effet des plus propices pour les projets du dieu de la guerre. George Pérez évite cependant de céder au manichéisme facile qui aurait consisté à donner le mauvais rôle au bloc soviétique, choisissant au contraire de concentrer son récit sur les agents américains d’Arès. Et quand il représente ceux de la future ex-URSS, il les met dans le même sac que leurs rivaux/complices, soulignant la ressemblance des deux camps (et par là même, l’absurdité du conflit qui les oppose) en représentant à l’identique les scènes se déroulant dans les deux pays. Ainsi, quand on voit Deimos, un des deux fils d’Arès, exhorter les fidèles de son père, son speech et le découpage de la scène sont les mêmes, que ce dernier s’adresse au camp russe…

… ou américain.

Le dieu de la guerre est d’ailleurs un choix logique comme premier adversaire de la Wonder Woman moderne car en plus de s’opposer idéologiquement à elle, Arès (ou Mars, comme les auteurs préféraient l’appeler à l’époque) était un ennemi récurrent de ses prédécesseuses. Et s’il n’avait pas toujours été gâté par les dessinateurs avec des looks allant du kitsch au franchement ridicule (on le verra même porter une armure en forme de M!), George Pérez lui rend justice avec une apparence réellement imposante et terrifiante digne d’un Darth Vader grécoromain. Voyez vous-mêmes: rien qu’en le regardant, on entend la Marche Impériale de John Williams.

L’Olympe charge alors les Amazones de désigner une championne qui devra les représenter dans le monde des hommes et s’opposer aux projets d’Arès. Malgré l’interdiction de sa mère, Diana profite du fait que les candidates doivent concourir masquées afin d’éviter tout favoritisme pour participer quand même aux épreuves destinées à désigner cette championne et les remporte haut-la-main, avant de subir la dernière et la plus dangereuse qui consiste à arrêter une série de balles de pistolet à l’aide de ses bracelets.

Diana a à peine le temps de revêtir un costume qui deviendra iconique et de recevoir un lasso magique forgé par Héphaïstos qu’elle doit déjà déjouer une attaque d’Arès contre Thémiscyra. Ce dernier a en effet dupé un militaire du nom de Steve Trevor pour qu’il bombarde malgré lui l’île des Amazones. Le dieu de la guerre fait ainsi d’une pierre deux coups en se débarrassant à la fois des Amazones et d’un militaire qui a le tort d’être trop pacifiste à son goût.

Les circonstances dans lesquelles Diana rencontre Steve sont donc très différentes de celles de la première version de ses origines. Il faut dire aussi que le contexte est très différent. Wonder Woman avait débuté en 1942, au beau milieu d’un conflit où le camp du mal était (et reste encore aujourd’hui) facile à déterminer. Il était donc naturel que Steve Trevor, et l’armée américaine en général, soient dépeints comme de nobles soldats luttant pour une cause juste à laquelle se ralliait la princesse amazone vêtue d’un costume patriotique montrant clairement son allégeance.

En 1987, le conflit entre les USA et l’URSS est avant tout d’ordre idéologique et paraît bien peu légitime à un peuple aussi dégoûté par la guerre du Vietnam que terrifié par la perspective d’un conflit nucléaire. Dans ces conditions, la mission de la WW des années 80 ne pouvait être qu’à l’opposé de celle des années 40 – empêcher un conflit au lieu d’y prendre part – même si dans les deux cas, c’est une mission dont elle doit absolument revenir victorieuse…

La modernisation des origines classiques de l’Amazone est aussi l’occasion pour Pérez de corriger certaines invraisemblances qui pouvaient passer dans les années 40 mais provoqueraient l’incrédulité et/ou l’hilarité de nos jours. Ainsi, Diana ne tombe plus amoureuse de Steve Trevor au premier regard sous prétexte que c’est le premier homme qu’elle rencontre (D’autant plus que ce dernier est tellement plus âgé que sa version classique qu’il pourrait en être le père). De même, quand elle participe aux épreuves, elle dissimule son identité sous un casque qui ne laisse apparaître que sa bouche, et non un loup minuscule en théorie moins efficace que les lunettes de Clark Kent.

Enfin, si son costume patriotique faisait sens durant la Deuxième Guerre Mondiale, il en a beaucoup moins maintenant qu’elle représente plus Themyscira que les USA. Pérez le justifie donc en en faisant un hommage à une aviatrice américaine arrivée par accident sur Themyscira et morte en sauvant ses habitantes (ce qui explique aussi le fait que les Amazones connaissent les pistolets malgré leurs siècles d’isolement). C’est également pour lui rendre hommage que notre héroïne fut baptisée Diana, car cette aviatrice, très probablement inspirée d’Amelia Earhart, se nommait Diana… Trevor.

Dernière différence majeure avec sa version classique: Diana est désormais une super-héroïne à temps plein et ne possède plus d’identité secrète. D’ailleurs, quand son attachée de presse propose de la rebaptiser « Diana Prince » pour éviter toute confusion avec une autre célèbre Princesse Diana, elle refuse de se cacher derrière un faux nom mais accepte quand même le surnom de Wonder Woman que les médias lui ont donné après sa première apparition. D’ailleurs, ce surnom est choisi de la même manière que celui de Superman dans le film de Richard Donner, les journalistes prenant le symbole sur sa poitrine pour un double W.

Il faut dire que, de manière assez logique pour une super-héroïne dont l’arme la plus connue est un lasso qui oblige les gens à dire la vérité (logique quand on a été créé par la même personne que le détecteur de mensonge), Wonder Woman se définit avant tout par son souci de la vérité. En tant que telle, sa sincérité n’a d’égale que sa naïveté et elle ne déteste rien de plus que de voir quelqu’un trahir sa confiance.

Concernant l’entourage civil, si Pérez conserve les deux alliés les plus célèbres de Wondy, à savoir Steve Trevor et Etta Candy (laquelle, malgré quelques rondeurs, est désormais très éloignée de la gamine boulotte et boulimique des débuts), il en crée de nouveaux comme l’exubérante attachée de presse Myndi Mayer…

… ainsi que l’archéologue Julia Kapatelis et sa fille Vanessa. Des amies d’autant plus utiles qu’à son arrivée, par souci de réalisme, Diana ignore tout du monde moderne et ne parle qu’une langue dérivée du Grec ancien avec lequel Julia est heureusement familière.

Souci de réalisme également dans le combat final entre Wonder Woman et Arès. Après tout, super-héroïne ou pas, elle ne pouvait être de taille contre un dieu tirant sa force des conflits. Ce n’est donc pas par la force qu’elle triomphe mais en utilisant son lasso pour montrer à Arès les conséquences de ses projets, lui faisant comprendre que la seule issue possible du conflit qu’il cherche à provoquer est l’anéantissement de toute vie sur Terre et, sans plus personne pour le vénérer, la fin de sa propre existence.

Après avoir consacré les 7 premiers épisodes de la série aux nouvelles origines de Wonder Woman et à son combat contre Arès, George Pérez enchaîne sur un épisode plus calme, Time Passages, où il fait alterner pages de BD traditionnelles et textes illustrés détaillant la façon dont le monde réagit à l’arrivée de cette nouvelle super-héroïne et comment elle-même s’adapte à ce nouveau monde. Chaque texte étant rédigé par un membre différent de son entourage, c’est l’occasion pour Wein et Pérez de se livrer à un brillant exercice de style en faisant varier la forme selon la personnalité de son auteur et ce que son texte est censé être (Projet de livre pour Julia, rapport militaire pour Etta, journal intime d’adolescente pour Vanessa, lettre professionnelle pour Myndi), l’excellente caractérisation des personnages, féminins pour la plupart, étant une des nombreuses qualités de la série.

L’épisode suivant permet à Pérez de moderniser une adversaire classique de Wonder Woman, Cheetah (rien à voir avec la mère adoptive de Tarzan, c’est le mot anglais pour guépard) qui passe d’une criminelle vêtue d’une combinaison kitsch à motif léopard à une terrifiante créature mi-femme, mi-animal.

Vient ensuite une nouvelle saga en 5 épisodes, Challenge of the gods, dans laquelle Diana retourne sur Themyscira et, à peine arrivée, se fait courtiser par ce chaud lapin de Zeus (sachant que depuis, le scénariste Brian Azzarello a retconé les origines de Wonder Woman pour en faire la fille de Zeus, je vous autorise à interrompre votre lecture pour aller vomir). Et quand elle refuse poliment ses avances, ce dernier entre dans une rage folle et, en guise de châtiment, lui ordonne de se rendre dans la partie de l’île où est emprisonné le mal que les Amazones doivent garder.

Wonder Woman (suivie à son insu par sa mère) s’acquitte de cette épreuve et en profite pour neutraliser ce fameux mal. Mais cette prison renferme également de nombreux monstres mythologiques qu’elle doit affronter, et surtout Héraclès, condamné par son père en punition pour ses exactions. L’occasion pour elle de le délivrer, lui permettant de se repentir et de se réconcilier avec les Amazones (Pour sa défense, il était à l’époque manipulé par Arès et sous l’emprise d’un maléfice d’Héra qui affectait son comportement).

D’ailleurs, un autre dieu qui est manipulé, c’est Zeus, l’épreuve qu’il inflige à Diana lui étant dicté par Pan. Ou plutôt, quelqu’un se faisant passer pour Pan après l’avoir tué. Le lecteur s’attend alors légitimement à ce que cet imposteur se révèle être une version moderne d’un adversaire classique de Wonder Woman. Par exemple, cet expert en illusions et manipulations en tout genre qu’est…

Hé bien, perdu! Pan est en réalité… un membre des Manhunters, un groupe d’androïdes ennemis de Green Lantern sans rapport avec Wonder Woman. Pour comprendre ce curieux twist, il faut savoir qu’à l’époque, motivé par le succès de Crisis qui était le premier crossover à l’échelle de tout son univers, DC cherchait à le reproduire en enchaînant les crossovers du même genre, comme Legends ou Millennium, avec des répercussions sur les séries en cours. Pour Legends, ça allait encore, puisque les événements se déroulaient entre les épisodes 7 et 8 et qu’il suffisait à Pérez d’y faire référence dans Time Passages.

Par contre, pour Millennium, on sent bien qu’il s’est forcé à l’intégrer à son récit en faisant de Pan un Manhunter déguisé (les Manhunters étaient les antagonistes principaux du crossover), devant même parfois interrompre son histoire de façon totalement artificielle pour permettre à Wonder Woman de participer au crossover, que ce soit quand Pan débarque devant elle pour lui annoncer que, changement de programme, son épreuve consiste désormais à se rendre à la citadelle des Green Lanterns; ou quand Diana a finalement accompli la tâche que Zeus lui avait confiée mais qu’Hermès la charge d’une épreuve subsidiaire pour valider sa quête:

À chaque fois, la scène est mal amenée, en total décalage avec la trame principale et d’autant plus inutile qu’on ne voit jamais les événements qui en résultent, ceux-ci ayant lieu dans la série consacrée au crossover tandis que Wonder Woman reprend ensuite sa quête principale comme si rien ne s’était passé. Comme quoi, le problème des crossovers à répétition qui parasitent le déroulement des séries régulières n’a rien de nouveau!

Challenge of the gods souffre également d’une petite baisse de qualité graphique. En effet, au début de la série, Pérez se chargeait des crayonnés qui étaient ensuite encrés par Bruce Patterson pour un résultat absolument magnifique avec les décors ultradétaillés qui ont fait la renommé du dessinateur aux chemises hawaïennes, des adversaires aussi monstrueux qu’imposants et charismatiques…

… et bien sûr, une héroïne magnifique alliant à la perfection force, courage et détermination à une gentillesse et une innocence souvent à la limite de la naïveté.

Mais à partir de l’épisode 9, la participation de Patterson augmente tandis que Pérez ne se charge plus que des ébauches. Et même si son génie du découpage et de la mise en scène fait toujours merveille et que les dessins finaux restent d’un très haut niveau, ils souffrent de la comparaison avec ceux des premiers épisodes, beaucoup plus détaillés, et on note même ça et là quelques proportions bizarres heureusement fort rares.

Ceci dit, malgré ces quelques défauts (et encore, pour la partie graphique, c’est vraiment du pinaillage car ça reste de qualité), Challenge of the god demeure un très bon récit qui se conclue sur Diana ayant brillamment réussi l’épreuve que Zeus lui avait confiée et retournant aux USA pour y assurer sa nouvelle fonction d’ambassadrice de Themyscira. Une fonction qui ne sera pas de tout repos, mais ceci est une autre histoire.

Un autre qui aura brillamment réussi l’épreuve qu’on lui avait confiée, c’est George Pérez car cette modernisation des origines de Wonder Woman constitue encore aujourd’hui un des meilleurs récits de la belle Amazone. Il faut dire aussi qu’il est un des très rares auteurs a avoir su concilier toutes les facettes de ce personnage plus complexe qu’on ne l’imagine, là où d’autres se contentent de se focaliser sur une ou deux: le super-héroïsme, la mythologie, le féminisme et son héritage de guerrière amazone contrebalancé par son immense compassion et son profond souci de la vérité. Et même si certains éléments datent un peu le récit (le contexte de guerre froide, Vanessa qui compare son love interest à Rob Lowe, Kirk Cameron et Michael J. Fox), il est toujours aussi pertinent et efficace de nos jours. Une renaissance réussie que Wonder Woman doit autant aux dieux grecs qu’à un dieu vivant du dessin!

Verdict?

Illustrations extraites de : Crisis on infinite Earths, Wonder Woman (1942) 1+28+158+179+217, Wonder Woman (1987) 1-14.

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