Les Nombrils – 02 – La revanche des moches

Année(s): 2011-2015 (pour l’édition française)

Auteur(s): Maryse Dubuc (scénario), Delaf (dessins).

Catégorie: Franco-Belge – Humour.

Genre: Les histoires d’amour finissent mal en général.

Format: Intégrale regroupant les tomes 5 à 7. Gags et histoires courtes.

Titres des albums: Un couple d’enfer, Un été trop mortel!, Un bonheur presque parfait.

Après un premier cycle des plus réussis, les deux pestes et leur faire-valoir attitrée reviennent pour une nouvelle saga en trois albums. Haut les cœurs brisés: les Nombrils font leur rentrée!

Une rentrée placée sous le signe de l’amour puisque après Karine à la fin du premier cycle, c’est au tour de Vicky et Jenny de rencontrer ce qui ressemble fort au partenaire idéal. Et elles ne sont pas les seules: la mère de Jenny s’y met aussi!

Mais revenons d’abord sur Karine qui, à l’issue du cycle précédent, achevait sa transformation de vilain petit canard en magnifique cygne noir tout en se remettant de sa rupture avec Dan auprès d’Albin. Musicien de rue sagace et perspicace, particulièrement doué pour percer les gens à jour et cerner leurs véritables personnalités, ce dernier avait d’ailleurs joué un rôle clé dans l’émancipation de Karine.

Ils sont d’ailleurs partenaires à la ville comme à la scène puisque Karine a intégré son groupe de rock, Albin et les Albinos, qui est sur le point de signer avec un prestigieux producteur. Malheureusement, la signature du contrat est sans cesse différée pour cause de malentendu, de magouille de Jenny et Vicky ou parce qu’un des membres du groupe est en prison ou en dépression. À croire que le producteur est de la famille d’Aimé De Maesmaker.

Cependant, ce n’est pas parce qu’il est albinos qu’Albin est forcément tout blanc. Déjà, il lui arrive de se comporter en fieffé manipulateur, s’efforçant d’éloigner de Karine toute personne susceptible selon lui de la tirer vers le bas, ce qui inclue évidemment Dan, Jenny et Vicky qui se retrouvent exclus de son entourage.

Et surtout, il y a son passé. Entre son albinisme et ses parents qui avaient trouvé intelligent de le baptiser Alain Delon, il était fréquemment victime des brimades de ses camarades d’école et à l’âge de 11 ans, il fut soupçonné d’être responsable de l’incendie dans lequel périrent ses bourreaux. Certes, il fut finalement blanchi…

… mais entre ses fréquents sous-entendus et la tentative de meurtre à laquelle échappe de justesse (cette garce de) Mélanie, on est en droit de se demander s’il était vraiment aussi innocent que ça.

Du côté de Vicky, tout semble lui sourire depuis qu’elle s’est amourachée de James, le fils de ses nouveaux voisins, aussi séduisant que fortuné et promis à un brillant avenir. Mais en réalité, elle est confrontée à un cruel dilemme. Va-t-elle rester auprès de ce garçon avec lequel elle n’a strictement aucun goût en commun pour une relation sans amour mais qui lui apporte ce dont elle a toujours rêvé: le prestige, le respect de ses parents et, cerise sur le gâteau, la jalousie de sa sœur aînée?

Ou bien va-t-elle renoncer à tout ça et se brouiller définitivement avec ses parents en se mettant avec la personne qu’elle aime réellement, Mégane, la sœur d’icelui?

Et Vicky n’est pas la seule à hésiter entre l’âme sœur et le partenaire idéal, Jenny est confrontée au même problème, partageant son cœur entre Jean-Franky, un bellâtre encore plus stupide et superficiel qu’elle (si, si, c’est possible)…

… et Hugo, un garçon tendre et attentionné mais qui n’a rien d’un Apollon, ou alors un Apollon qui aurait grandement besoin de suivre un régime. Et même si pour l’instant, Hugo se satisfait de son statut de bouche-trou consentant, vous vous doutez bien qu’une telle situation ne pourra pas durer éternellement.

Et ça ne durera pour aucune de ces trois relations basées à des degrés divers sur le mensonge, les auteurs réussissant le tour de force de réunir les trois scènes de ruptures sur une seule page grâce à un montage en parallèle renforçant les différences de personnalités de leurs trois héroïnes. On voit ainsi Vicky tenter en vain de reconquérir James dans une ultime tentative de sauver les apparences tandis que Jenny se tourne vers Hugo dont elle a compris trop tard qu’il était son véritable amour. Quant à Karine, elle est la seule à rompre activement là où ses deux amies subissent leur rupture, prouvant ainsi une bonne fois pour toute que la victime timide des premiers tomes est désormais une femme volontaire et indépendante.

Cette scène confirme donc l’évolution de Karine tandis que Jenny et Vicky entament tout juste la leur en réalisant pour la première fois qu’un bonheur basé sur la superficialité ne peut être que superficiel et en comprenant trop tard qu’à trop hésiter entre le beurre et l’argent du beurre, elles n’auront finalement ni l’un ni l’autre. C’est cependant Vicky qui sera la plus touchée des deux en passant d’une réussite absolue mais sans saveur à la perte de tout ce qu’elle avait considéré comme acquis jusqu’à présent. L’épilogue confronte en effet nos trois héroïnes à des changements radicaux dans leurs vies qui vont les obliger à côtoyer les personnes qu’elles ont le plus de raisons de détester. Quant à la façon dont elles vont gérer leurs nouvelles situations respectives, ceci est une autre histoire…

Ce deuxième cycle des Nombrils confirme l’excellente impression que nous avait faite le premier et permet à Delaf et Dubuc d’aborder des sujets sombres et actuels (intolérance, homosexualité, drogue, suicide…) tout en alternant des dialogues et des gags hilarants et parfois même assez osés (mention spéciale pour celui où Vicky sort du placard au propre comme au figuré) avec des passages dramatiques qui nous font éprouver une peine sincère pour les protagonistes (y compris (cette garce de) Mélanie, c’est dire!), concluant même le tome 6 par un troisième acte en forme de thriller captivant de suspense, autant de styles différents avec lesquels le couple d’auteurs jongle avec une réelle maestria!

Verdict?

Illustrations extraites de : Les Nombrils.

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