13 Devil Street 1940

Année(s) : 2017

Auteur(s) : Benoît Vieillard

Catégorie : Franco-Belge – Fantastique, Historique, Policier

Genre : Hot Hell

Format : One shot de 324 pages

Disponibilité : L’album est disponible sur Amazon.

Après avoir été ravagé par les flammes en 1888 et avant de devenir un musée, le 13 Devil Street fut reconstruit pour devenir un hôpital psychiatrique qui fut ensuite reconverti en hôtel; mais si la fonction du bâtiment change, il continue d’accueillir d’étranges résidents qui sont témoins d’événements tout aussi étranges, notamment en 1940 …

À cette date, le Devil Street Hotel appartient à Sir Marcus Hopkins, noble anglais aussi paralysé que passionné, pour ne pas dire obsédé, par les légendes arthuriennes, tout comme son ami, le pas très catholique révérend Warren dont l’autre passion est la philatélie.

Quant au personnel, il se compose d’un fakir réceptionniste doté de pouvoirs psychiques nommé Tarah Bey et de trois employés aux patronymes hauts en couleurs: le groom Brown, la femme de chambre Green et le cuisinier Yellow.

Et même si les affaires ne sont pas florissantes, l’hôtel peut se targuer d’accueillir des clients célèbres ou appelés à le devenir tels que les Marx Brothers se battant pour les beaux yeux (Si vous considérez que les yeux se situent entre les clavicules et le nombril) de Joséphine Baker …

… le général de Gaule qui y a lancé son célèbre appel du 18 juin …

… ou le mathématicien Alan Turing qui sera d’une grande aide à Hopkins et Warren pour déchiffrer un grimoire rédigé par l’enchanteur Merlin.

Parmi les autres clients figure un certain Nobody qui est en réalité l’ex-inspecteur Henry Lockwood, le beau-fils d’Hopkins revenu incognito dans l’espoir d’élucider le meurtre de son épouse Lucy survenu lors de leur mariage dans ce même hôtel en 1926 et dont le fantôme le hante depuis.

Ajoutez à cela une confrérie encapuchonnée préparant le retour du roi Arthur, des armures qui prennent vie, des cadavres qui ne tiennent pas en place, des pièces qui s’intervertissent et un trio d’espions nazis à la recherche d’une caisse de lingots d’or parachutée sur l’hôtel …

… et vous n’aurez encore qu’une vague idée des intrigues rocambolesques qui vous attendent dans cette histoire où la plupart des personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent être, certains se révélant même être des versions plus âgées ou des descendants de ceux du précédent opus.

Et justement, comme dans le précédent opus, l’auteur multiplie les références à des événements et personnages réels mais aussi fictifs. Ainsi, l’aide du général de Gaulle est un certain capitaine Mortimer qui est un sosie de Francis Blake, tandis que l’amie d’enfance de Lockwood, Sarah Church (Church? Tiens, tiens, comme les anciens résidents …), ressemble à la jumelle cachée de Mary Poppins …

… avant de se prendre pour un fantôme japonais parlant à l’envers.

Mais sa principale source d’inspiration est l’écrivain H.G. Wells, d’où la présence d’hybrides d’hommes et d’animaux, d’un homme invisible et d’une machine temporelle, autant d’emprunts qui prendront tout leur sens avec le twist final.

Comme le précédent, à l’exception des pages d’ouverture des différents actes qui sont des vues extérieures de l’hôtel invitant le lecteur à y entrer, ce deuxième album se déroule dans un décor unique consistant en une vue en coupe et en double page de l’hôtel (Semblable à la maison de poupée qui apparaît dans certaines scènes) permettant de suivre simultanément plusieurs actions à trois époques différentes (1946 pour l’introduction et la conclusion, 1940 pour le gros du récit et 1926 pour un flashback).

L’auteur s’amuse parfois à transgresser astucieusement cette contrainte en remplaçant les trois derniers étages par des flashbacks quand Green révèle à l’homme invisible le passé du personnel de l’hôtel ou en déplaçant l’image quand les personnages passent à travers le toit, se rendent au sous-sol ou tombent dans le métro.

À d’autres moments, il brise le quatrième mur (au propre comme au figuré) quand les pages sont envahies de cafards ou quand les murs sont ravagés par un bombardement ou par un dragon (Oui, j’ai bien dit un dragon).

Se terminant sur un twist qui remet en question l’ensemble du récit dont on ignore quels éléments étaient réels ou non, ce deuxième opus est aussi réussi que le précédent dont il reprend la formule et le mélange d’enquête policière, de fantastique et d’humour noir sans tomber pour autant dans le piège du copié-collé.

Verdict?

Illustrations extraites de : 13 Devil Street 1940.

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